Après la condamnation de Kpatcha Gnassingbé et co-accusés : LES TOGOLAIS DIVISES, DEMANDENT LA GRACE PRESIDENTIELLE

Le procès qui tenait en haleine tous les Togolais depuis le 6 septembre dernier a connu son épilogue le jeudi 15 septembre. La vedette du procès, Kpatcha Gnassingbé, frère consanguin du chef de l’Etat, Faure Gnassingbé, a été reconnu coupable d’une tentative de coup d’Etat, en avril 2009, contre le président de la République. Après le verdit chacun est allé de son commentaire qui, pour fustiger la chose qui, pour l’apprécier. Les Togolais sont divisés avec ce procès mais ce qui reste une constance, c’est qu’ils veulent que le chef de l’Etat Faure Gnassingbé, par une grâce présidentielle libère son frère et les autres condamnés.

En répression de ce que l’on a qualifié juridiquement de complot contre la sûreté de l’Etat, il a été condamné à 20 ans de prison. Le président de la Cour n’a pas suivi l’avocat général qui avait requis, la semaine dernière, la prison à perpétuité contre le député et ancien ministre de la Défense et sept de ses co-accusés dont le général à la retraite, Assani Tidjani.

Par rapport à l’avocat général, le président de la Cour, qui avait le dernier mot dans ce procès où il n’y a pas de possibilité d’appel du verdict, a eu la main « moins lourde ». Bien qu’il ne soit pas facile de rester 20 ans derrière les barreaux ! Mais, comparativement à la prison à vie qui avait été requise, on peut finalement dire que l’honorable Kpatcha « s’en tire à bon compte ».

Dans ce procès, comme on pouvait le deviner, il était difficile au frère du chef de l’Etat de bénéficier d’une relaxe pure et simple comme l’ont demandée, dans leurs plaidoiries, ses avocats qui ont conclu à une vacuité du dossier. Une condamnation ne pouvait qu’être prononcée contre l’intéressé, accusé d’avoir voulu ravir le fauteuil de son frère. Seulement, avant le verdict, on ignorait la nature de la condamnation : la perpétuité, une condamnation ferme ou une condamnation avec sursis ? La probabilité qu’il y ait une condamnation de Kpatcha était forte. Et le verdict fraîchement rendu vient de le confirmer.

D’ailleurs, pouvait-il en être autrement ? Une relaxe pure et simple aurait inéluctablement remonté sa cote de popularité. Il se trouverait par exemple dans la situation d’un Dominique De Villepin relaxé cette semaine en appel dans l’affaire Clearstream et qui surfe sur cette victoire. Kpatcha, lui, n’a pas eu cette chance-là. Toutefois, à y regarder de près, la poire a été divisée en deux. Kpatcha n’a pas été condamné à la perpétuité mais n’a pas non plus été relaxé. L’Etat togolais et son chef ne perdent pas aussi la face avec ce verdict qui prouve qu’il y a bel et bien eu quelque chose contre la sûreté de l’Etat.

Toute chose qui permet à Faure Gnassingbé de savourer sa victoire sur son demi-frère. Après, il pourra songer à la réconciliation, au pardon d’un frère qui, à un moment de sa vie, « se serait égaré » comme le demandent les Togolais. En effet, le peuple togolais étant un peuple de pardon, en dépit de ce qu’on reproche à Kpatcha veut qu’une grâce présidentielle lui soit accordée, lui et ses co-condamnés. Il est à espérer que cette sollicitude du peuple soit acceptée par Faure Gnassingbé pour une réconciliation totale.

E. N.

Source — L’Autre Fraternité

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