Congo/Bénin : Signature à Pointe-Noire d’un accord de lutte contre la traite des enfants

POINTE-NOIRE (Xinhua) – Le Congo et le Bénin ont signé mardi dans la capitale économique du Congo, Pointe-Noire (sud Congo), un accord de coopération sur la lutte contre la traite des enfants, un phénomène social qui touche plus de 1800 enfants béninois et du Congo-Kinshasa, a constaté Xinhua sur place.

«La signature de l’accord de coopération sur la traite des enfants entre le Congo et le Bénin, est l’aboutissement d’un processus dynamique d’échanges entre les experts des deux pays, sur la base d’une compréhension mutuelle mais aussi et surtout par la prise en compte des recommandations consignés dans les instruments juridiques internationaux relatifs à la protection de l’enfant, ratifiés par nos Etats», a déclaré la ministre congolaise des Affaires sociales, Emilienne Raoul, au cours de la cérémonie de signature de l’accord avec son homologue, la ministre béninoise des Affaires sociales, Fatouma Amadou Djibril, en présence de la représentante de l’UNICEF au Congo, Marianne Flach.

«Cet accord vient ainsi combler un vide juridique et conduira désormais nos deux Etats au respect des obligations communes sur lesquelles il s’est fondé. Nous avons donc ici, à n’en point douter, un instrument adapté de lutte contre le phénomène de traite des enfants. Il combattra les vices et antivaleurs contraires à la culture de notre temps qui ont jusqu’ici affecté les droits fondamentaux de l’enfant», a expliqué la ministre Raoul.

Pour sa part, la ministre Djibril a relevé que son pays, «le Bénin vit depuis quelques années, au rythme de la sortie massive et incontrôlée de milliers d’enfants en direction des pays limitrophes et de la sous-région. Pour donc conjuguer leurs efforts, le Bénin et le Congo se sont engagés à se donner la main et à mener ensemble la lutte contre la traite transfrontalière à travers la signature de cet accord bilatéral».

Selon la représentante de  l’UNICEF, Marianne Flach, «actuellement, la majorité des enfants victimes de la traite témoigne de maltraitance physique et psychologique caractérisée par la privation du sommeil, de nourriture, d’affection tandis qu’ils sont familiers des coups de bâtons, de fils électriques, de blâmes et injures…».

«Cette situation n’est ni acceptable, ni tolérable. Il faut rendre absolument à ces enfants leur dignité et leur faire justice. Tout enfant victime de traite a besoin de mesures spéciales de protection pour son développement, son bien-être et son épanouissement», a-t-elle insisté.

Au Congo, selon la direction générale des affaires sociales, la problématique de la traite des enfants soupçonnée dès 2004 par l’alerte de la Commission diocésaine Justice et Paix de l’Eglise Catholique à Pointe-Noire, a été formellement établie suite à l’analyse de la situation conduite en novembre 2006 et publiée en 2007. Environ 1800 enfants sont affectés par la traite transfrontalière, en provenance des pays de l’Afrique de l’Ouest et de la République Démocratique du Congo (RDC). Ils sont exposés au cercle vicieux de l’exploitation économique, de prostitution juvénile et de manque d’éducation et de compétence à la vie, de  violence et maltraitance de la part de leurs tuteurs béninois ou de la RDC, rappelle-t-on.

Le Congo s’est doté depuis juin 2010 d’une loi portant protection de l’enfant. Elle stipule en ses articles 60 et 115 que «la traite, la vente et toutes autres formes d’exploitation de l’enfant sont interdites en République du Congo», et «est puni des travaux forcés à temps et d’une amende allant de 1 million F CFA à 10 millions F CFA, quiconque se livrera à la traite, à la vente, au trafic et à toute autre forme d’exploitation de l’enfant que soit le mobile».

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