Polémique sur l’enterrement d’un chef zangbéto à Yénawa : PLACIDE AZANDE ET LEHADI SOGLO SIFFLENT LA FIN DE LA RECREATION

(La mairie et la préfecture mettent en garde contre les inhumations clandestines)

Lundi pas comme les autres à la préfecture de Cotonou. Léhadi Vinangnon Soglo, 1er adjoint au maire de Cotonou, Isidore Gnonlonfoun, député, Camarou M. Ali, député, Cakpo Robert, ancien député, Agbaholou Séverin, chef du 5ème arrondissement de Cotonou, Dénis Gnonlonhoun, Ca 6, Dénis Koudjo, Ca 4, Me  Anani Gustave Cassa, ancien ministre de la justice, David Houessou, chef quartier Yénawa, Bruno Dossou, Ca 2 et consorts étaient tous réunis hier soir, de 19 heures à 22 heures, au cabinet du préfet des départements de l’Atlantique et du Littoral. Et pour cause !

 Il s’est agi d’une réunion de crise sur une situation qui risque de troubler l’ordre public dans le deuxième arrondissement de Cotonou, notamment à Yénawa. Vu l’importance du sujet, Placide Azandé a convoqué toutes les parties impliquées dans le dossier pour les écouter afin de trouver une solution consensuelle au problème. De quoi s’agit-il, en réalité ? Bernard Dèwako, ancien chef quartier de Yénawa, a perdu son père, une personnalité religieuse, un notable et de surcroît un chef zangbéto. Suite à son décès, son fils Bernard Dèwako a décidé de l’enterrer à domicile. L’honorable Isidore Gnonlonfoun a écrit à la mairie de Cotonou pour prendre une autorisation. Cette demande n’a pas prospérer puisse qu’il y a une loi qui interdit l’inhumation à domicile. La mairie estime que le niveau de la nappe phréatique à Cotonou ne permet pas ces genres d’opération, qui créent des problèmes de santé publique aux populations.

Cotonou étant une ville à statut particulier, la mairie ne lâche pas du lest sur ces genres de demande. Le chef du 2ème arrondissement, le chef quartier de Yénawa, le député Camarou Ali et consorts soutiennent la mairie dans cette démarche, estimant que le quartier n’est pas un cimetière. Pour eux, donner une suite favorable à cette demande serait créé une pagaille dans la localité. Bruno Dossou et David Houessou ont dénoncé les agissements du fils du défunt, qui, selon eux, bafoue leur autorité et fait comme s’il est encore chef quartier. Mais pour Bernard Dèwako, il n’y a aucun problème entre lui et ses accusateurs. « Nous sommes des amis et des frères », a-t-il expliqué, avant de demander leur clémence pour permettre l’inhumation de son père à domicile à titre spécial, vu le statut du défunt.

Dans un premier temps, la tension est montée d’un cran entre les deux camps, qui s’accusaient mutuellement. Il a fallu les interventions de Placide Azandé et de Léhadi Soglo pour ramener les uns et les autres à de meilleurs sentiments. « Je ne veux pas du bruit à Cotonou. C’est vrai que la loi interdit l’inhumation à domicile. Je soutiens la position de la mairie de Cotonou qui veut ainsi préserver la vie des populations. Mais nous devons trouver les mécanismes qu’il faut pour permettre à Bernard Dèwako d’enterrer son père dans la quiétude totale. Personne ne sortira de cette salle perdant ou gagnant. Je demande donc aux uns et autres de ramener la balle à terre », a déclaré le préfet. Le 1er adjoint au maire de Cotonou a abondé dans le sens même, en demandant aux deux parties de fumer le calumet de la paix. Léhadi Soglo a fait observer qu’il a retenu de tout ce qu’il a entendu des problèmes de personne.

C’est pourquoi il a demandé à Bernard Dèwako de se rapprocher des autorités locales pour faire la paix. «Moi, je ne vois aucun problème politique dans ce dossier », a-t-il fait remarquer. Il n’a pas manqué de remercier le préfet Placide Azandé pour la promptitude avec laquelle il a pris le dossier en mains. « C’est un homme de dialogue et de paix », a-t-il témoigné. Le député Isidore Gnonlonfoun a aussi tenu un langage d’apaisement, invitant ses frères à la retenue pour sortir de la crise. Il a remercié le préfet pour avoir instauré ce dialogue et le 1er adjoint au maire pour sa disponibilité et sa contribution de qualité dans les débats.

A l’issue de la séance de travail, il a été retenu que l’autorisation de l’inhumation à domicile soit accordée à titre exceptionnelle. C’est-à-dire que la mairie de Cotonou ne va plus délivrer des autorisations pour les obsèques à domicile, puisse que Yénawa et d’autres localités du 2ème arrondissement sont des zones inondables habitées. La mairie est rigoureuse sur la question. Sa secrétaire générale a été on ne peut plus clair, très ferme. Avant la délivrance de cette autorisation spéciale, les services techniques de la mairie vont descendre sur le terrain pour les constats d’usage. Ils fourniront à la famille éplorée les conditions dans lesquelles l’inhumation doit se faire.

De son côté, l’honorable Gnonlonfoun et les siens ont pris le ferme engagement de sensibiliser les populations sur le risque qu’elles encourent en inhumant leurs morts à domicile. La secrétaire générale de la mairie a rappelé que les inhumations clandestines sont passibles de lourdes peines.

Somme toute, la rencontre a pris fin dans une ambiance bon enfant. Les deux parties ont enterré la hache de guerre. Des engagements ont été pris de part et d’autre pour faire régner l’ordre et la discipline dans la zone. Cette solution consensuelle est un pari gagné pour Placide Azandé qui a pesé de tout son poids pour faire entendre raison aux uns et autres. Léhadi Soglo a aussi joué un grand rôle dans le dégel de la tension.

Source : CELLULE DE COMMUNICATION DE LA PREFECTURE DE COTONOU

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