Publication de la liste des débiteurs : Le FNPEEJ décidé à récupérer ses fonds

Fortement relayé dans la presse nationale, le non remboursement des crédits reçus par les jeunes bénéficiaires du fonds national pour la promotion de l’entreprise et de l’emploi des jeunes prend une place confortable dans l’actualité béninoise. 81,16% des bénéficiaires sont jusqu’à ce jour insolvables. Un record d’impayés qui au-delà du discrédit qu’il jette sur les bénéficiaires constitue une menace pour la survie du projet.

Dans sa politique de promotion de l’emploi des jeunes, le Chef de l’Etat, a lancé en 2007 le Fonds National de Promotion de l’Entreprise et de l’Emploi des Jeunes (FNPEEJ). Un fond qui a priori encourage l’esprit entrepreneurial des jeunes et crée des emplois aux chercheurs qualifiés. Ce fonds a été bien évidement doté des ressources financières nécessaires qui lui auront permis de financer les projets d’entreprises de près de 600 jeunes béninoises et béninois. En effet, à la date du 1er Septembre 2011, la majorité de ces jeunes bénéficiaires de crédits en dépit des relances qui leurs ont été adressées s’obstinent à ne pas honorer les engagements formels qu’ils ont librement pris. Ainsi, 487 bénéficiaires sur toute l’étendue du territoire national correspondant à 81,16% restent encore débiteurs vis-à-vis du fonds. Ces derniers sont répartis comme suit : Atlantique-Littoral : 192 ; Ouémé -Plateau : 105 ; Zou-Collines : 86 ; Borgou-Alibori : 45 ; Départements du Mono-Couffo : 37 ; Atacora- Donga : 22.

Dans un communiqué fortement médiatisé et suivi de la liste complète des débiteurs du fonds, Rébecca DOSSOU GBETE, Directrice Générale du FNPEEJ a invité ces derniers à se rapprocher des services compétents de son institution pour corriger cette situation qui ne les honore guère. Comme pour siffler la fin de la récréation, le directrice Générale du FNPEEJ a donné un ultimatum de huit jours après quoi elle se verra contrainte de faire appel à tous les moyens légaux en vue du recouvrement desdites créances.

A bien y voir, ce nouveau dossier FNPEEJ pose deux problèmes. Tout d’abord, il pose un problème de crédibilité et de moralité des bénéficiaires dudit financement, sans occulter bien sûr la pertinence des projets soumis aux financements. Le deuxième et le plus grave est relatif à la survie du fonds. Car, la banqueroute du FNPEEJ brisera sans nul doute la chaîne de solidarité ainsi créée par l’Etat béninois. Toute chose donc qui sacrifierait les générations futures.

Les raisons

Il convient de mener une réflexion sur les raisons objectives qui justifient cet »échec» du projet. De nos recoupements, il ressort trois raisons fondamentales. Primo, les bénéficiaires se sont laissé aller à une campagne d’intoxication et de désinformation comme ce fut le cas pour les microcrédits. » Cet argent est le votre, ce sont les sous du contribuable béninois que vous êtes, ne les remboursez pas car c’est votre seule chance de prendre votre part du gâteau » c’est la substance de la sensibilisation faite par certains détracteurs du régime en place. D’où, avec l’inconscience sommeillant de certains bénéficiaires, les fonds se sont vus dilapidés et utilisés à des fins indues.

Secundo, plusieurs bénéficiaires à en croire des indiscrétions auraient gagné le financement par favoritisme sur la base de leurs relations sans pour autant disposer de projets dignes et rentables.

Tertio enfin, des observateurs pensent que le réel problème des jeunes entrepreneurs réside dans l’orientation et le suivi des projets. Pour ceux-ci, il doit être mis en place un mécanisme qui permettra au fonds de contrôler l’investissement des ressources allouées aux projets et de suivre de près la gestion faite de l’entreprise. Un coaching donc qui permettra non seulement aux entreprises d’être à l’abri de la faillite mais également donne au fonds l’occasion d’avoir un œil dans le mode de fonctionnement de l’entreprise.

 
Quelles issues ?

Pour corriger le tire, le FNPEEJ devra garder dents sures contre les débiteurs actuels afin de rentrer définitivement et intégralement en possession des ressources à lui dues. Une action qui à priori garantirait à l’institution un lendemain meilleur. De même, il est impérieux de revoir le mode d’attribution des crédits et redynamiser le partenariat FNPEEJ-Entrepreneurs pour l’après crédit. Ce n’est qu’à ce prix que le gouvernement pourra être encouragé dans sa politique de promotion de l’entreprenariat au Bénin.

Vitali Boton
Source : Adjinakou
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