Accusations «mallettes africaines»: Bourgi a été entendu par la police

Dernière info 18h48: Robert Bourgi est sorti de son audition à la brigade financière

L’avocat Robert Bourgi, qui a affirmé avoir remis des fonds africains occultes à Jacques Chirac et Dominique de Villepin, était entendu ce jeudi par les enquêteurs de la brigade financière de la police judiciaire parisienne, a indiqué à l’AFP une source proche du dossier.

L’audition de Robert Bourgi, arrivé en début d’après-midi, se poursuivait à 17H00, a-t-on ajouté sans plus de détail. A la suite des accusations de Robert Bourgi, le parquet de Paris a diligenté le 13 septembre une enquête préliminaire. MM. Chirac et de Villepin ont dit leur intention de l’attaquer en diffamation.

Dans une interview au JDD le 11 septembre, l’avocat a chiffré à quelque 20 millions de dollars les sommes qu’il dit avoir remises à MM. Chirac et de Villepin. Cet ancien conseiller de l’ombre chargé des affaires africaines avait ensuite accusé Jean-Marie Le Pen d’avoir lui aussi reçu des fonds occultes de chefs d’Etats africains pour financer sa campagne présidentielle de 1988.

Fonds des pays d’Afrique francophone

Jean-Marie Le Pen a saisi la justice d’une citation directe pour diffamation à l’encontre de M. Bourgi. Comme MM. Chirac et de Villepin, le président sénégalais Abdoulaye Wade a dit son intention de porter plainte. Mais le dépôt d’aucune de ces trois procédures n’a pour l’heure été confirmée.

L’un des avocats de M. Chirac, Me Jean Veil, a par ailleurs jugé que M. Bourgi n’évoquait «que des faits qui sont prescrits», estimant «difficile de faire une enquête judiciaire».

Dans l’interview au JDD, Robert Bourgi disait avoir «participé à plusieurs remises de mallettes à Jacques Chirac, en personne, à la mairie de Paris». Selon lui, «il n’y avait jamais moins de 5 millions de francs. Cela pouvait aller jusqu’à 15 millions».

Celui qui se présente volontiers comme le successeur de Jacques Foccart, le «Monsieur Afrique» de l’Elysée des gaullistes, avait expliqué avoir recueilli des fonds de cinq chefs d’Etat africains: Abdoulaye Wade (Sénégal), Blaise Compaoré (Burkina Faso), Laurent Gbagbo (Côte d’Ivoire), Denis Sassou Nguesso (Congo-Brazzaville) et Omar Bongo (Gabon).

L’opposition au président Compaoré a demandé mardi l’ouverture d’une enquête de la justice burkinabè. Ouagadougou a rejeté des accusations «grotesques».

 © 2011 AFP
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