Polémique autour de la révision – Boni Yayi partira en 2016

La relecture de la constitution béninoise du 11 décembre 1990 initiée par le pouvoir en place était au centre d’un débat télévisé diffusé hier sur la chaine de télévision de service public. Invité sur le plateau, Alexandre Hountodji et Amos Elègbè, tous deux conseillers du chef de l’Etat ont exposé le bien fondé de cette réforme. De leurs explications, il en ressort clairement que le président Boni Yayi n’a aucunement l’intention de se donner la chance d’un troisième mandat.

Fin des polémiques au sujet de la relecture de la constitution. Les béninois peuvent être désormais rassurés de la conservation des acquis de la conférence des force vives de la nation. Il est on ne peut plus claire pour le commun des béninois que la relecture de la Constitution du 11 décembre 1990 initiée par le pouvoir en place ne vise point le maintien de Boni Yayi à la tête de notre pays après 2016. C’est l’information majeure apportée par deux conseillers du chef de l’Etat lors du débat télévisé hier sur l’ORTB. Amos Elègbè, conseiller du chef de l’Etat a énoncé les raisons qui justifient la relecture de la constitution en quatre points. Ainsi, il a évoqué le désistement de certains candidats lors du second tour des élections présidentielles en République du Bénin. Pour lui il est désormais nécessaire de conditionner ce désistement au risque d’entrainer notre pays dans une instabilité politique. L’autre raison selon cet invité, c’est bien la non institutionnalisation de certaines institutions de l’Etat telles que la Céna et la Cour des comptes par notre constitution. En dernier ressort, le conseiller Amos Elègbè a évoqué la question de la bonne gouvernance qui n’est pas tout à faire garantie par la constitution dans son état actuel. Mais comment corriger toutes ces failles de la loi fondamentale tout en préservant certains acquis de notre démocratie? C’est Alexandre Hountodji, second invité sur ce débat et aussi conseiller du chef de L’Etat qui répondra à ces interrogations. Pour lui, l’Etat de droit, la forme républicaine de notre pays, les limitations d’âges et de mandats et la souveraineté du peuple sont autant d’acquis qui ne saurait faire l’objet de la relecture de notre constitution en cours. Au sujet des innovations qui à coup sûr contribueront à l’intérêt général du pays, Amos Elègbè n’a pas manqué de mots pour répondre. Déjà au préambule de notre loi fondamentale, en plus des anciennes interdictions on ajoutera celle relative à la transmission héréditaire du pouvoir d’Etat. Quant aux autres dispositions de la constitution, l’article 5 viendra d’une part pour institutionnaliser la Céna, le médiateur de la république et d’autres parts imposer aux partis politiques de notre pays la charge de s’organiser autour d’un projet de société. L’article 16 quant à lui rendra après lecture, les crimes économiques et celles contre l’humanité imprescriptibles sans oublier l’article 81 relu qui prévoit un code électorale pour notre pays.

A y voir de près, Le discours tenu à plusieurs reprises par Boni Yayi auprès d’éminentes personnalités comme à des occasions solennelles comme quoi il n’entend rempiler en 2016 devrait être pris plus au sérieux. Ses conseillers en ont donné la preuve et seule 2016 pourra édifier d’avantage. En cette ère de la refondation où le pays est en prise aux réformes, il urge donc que le commun des béninois conjuguent leurs efforts pour un vrai développement.

Vitali Boton – Dans le Quotidien Adjinakou
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