Débat sur la révision de la Constitution du Bénin:Me Jacques Migan demande d’« auditer la Lépi avant tout »

L’avocat au barreau de Cotonou, Jacques Migan a exprimé ses inquiétudes face au projet de révision de la Constitution du 11 décembre 1990. Reçu en deuxième heure sur l’émission « Cartes sur table », dimanche 25 septembre 2011, il a recommandé d’améliorer la Liste électorale permanente informatisée (Lépi) avant d’amorcer le processus proprement dit.

Me Jacques Migan a accepté le principe de la révision de la loi fondamentale du Bénin, mais il a posé des préalables. « Nous ne comprenons pas que le gouvernement s’accroche à la révision en oubliant la Lépi. Ou bien veut-on nous offrir un autre Ko ?… Si l’unité nationale doit perdurer, la paix doit perdurer, il faut nécessairement corriger la Lépi. Il faut auditer et améliorer la Lépi avant tout », a-t-il fait savoir sur Océan Fm. A l’entendre les dysfonctionnements liés à cet instrument important qui se sont révélés au cours des dernières joutes électorales devront trouver solutions avant la mise en œuvre du processus de révision. L’invité de Virgile Ahouansè a appelé le peuple béninois à la vigilance face « aux pièges que peut contenir le projet ». « Il y a une précipitation que nous sommes en train de rejeter. Il y a moult manières pour contourner le peuple. Personne ne sait ce qui sera proposé demain. Il faut éviter le fait accompli », a-t-il laissé entendre. Pour lui, le Parlement ayant déjà voté en « catimini certains projets et propositions de loi ces derniers jours, il existe de grands risques que la majorité présidentielle « contourne le peuple ». Par conséquent, il a proposé de suivre l’esprit recommandé par la Commission chargée de la relecture de la Constitution qu’a dirigé le Professeur Maurice Ahanhanzo-Glèlè. « Il faut aller à un véritable débat d’idées… Il faut aller à une concertation nationale pour éviter une révision subjective », a martelé l’avocat au barreau de Cotonou. Il a également interpelé ce dimanche, les partis de l’opposition. Selon lui, ces formations politiques « ne doivent pas baisser les bras ». « Emergence, Refondation, c’est des slogans… Il faut que l’opposition continue de faire des propositions… Ce serait une complicité coupable de laisser les choses en l’état se faire », a-t-il fait remarquer.

Allégresse Sassé, in Le Matinal

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