Loi organique portant conditions de recours au referendum : Le oui conditionné de la Rb

La Renaissance du Bénin vient de sortir de son mutisme pour se prononcer sur l’actualité politique nationale relative à la loi organique portant conditions de recours au referendum. Si une certaine classe politique se montre méfiante vis-à-vis de l’initiative du chef de l’Etat, la Rb, première formation politique à faire connaître sa position, s’exprime par un oui conditionné.

Le parti ne compte pas soutenir Yayi Boni si, celui-ci s’écartait des grandes décisions issues de la conférence des forces vives de la Nation de février 1990. Il ne s’est pas contenté de reprendre le refrain (respect du nombre de mandats, la nature présidentielle du régime, la limitation d’âge) auquel nous ont habitués les conseillers du président de la République lors de leurs différentes interventions pour expliquer la démarche du patron de la Marina. Il a insisté sur le fait qu’on ne doit pas toucher la forme républicaine et la laïcité de l’Etat, la démocratie libérale et pluraliste, l’Etat de droit, le principe de la souveraineté nationale. Une clarification qui vaut la peine d’être soulignée de plusieurs traits. Pour la Rb, les démonstrations de confiance et d’assurance faites par les conseillers du chef de l’Etat ne peuvent à elles seules suffire pour l’amener à accompagner le projet, quand on sait que des questions suscitant des sentiments anti-révision sont toujours agitées. A travers cette sortie, le parti de l’ex-président de la République Nicéphore Soglo a montré que tout en étant allié du régime, il ne va pas avaler des couleuvres, si couleuvres il y avait. Luc Atrokpo, secrétaire exécutif national de la Rb et maire de Bohicon qui s’est chargé de livrer à l’opinion publique la position de son parti, a de par cet exercice, rompu le silence face aux informations selon lesquelles, les renaissants ne soutiennent pas l’initiative du chef de l’Etat et qu’ils seraient écartés. Faux ! Le président de la République peut compter sur la Rb dans la mise en œuvre de ses réformes, à condition qu’elles ne remettent pas en cause les principes fondamentaux de la démocratie béninoise, a répondu cette formation politique. Cela ne l’a pas empêché de mettre en exergue son sentiment de frustration lorsqu’elle utilise la formule telle que « le Bureau politique constate que les initiateurs de cette loi… ». Il n’y a pas autre manière pour montrer que le parti n’a pas été associé à la rédaction de la proposition de loi organique portant conditions de recours au référendum. En clair, la Rb relève subtilement que ses alliés de la majorité présidentielle ne l’ont pas consulté avant de mettre en branle le projet alors qu’au même moment, ils ont besoin d’elle pour faire passer la loi à l’Assemblée. C’est à juste titre que tout en rassurant Yayi Boni de son soutien, la Rb rappelle les dispositions de l’article 154 de la constitution du 11 décembre 1990 qui énonce : « l’initiative de la révision de la Constitution appartient concurremment au président de la République, après décision prise en Conseil des ministres et aux travaux de l’Assemblée nationale….Pour être prise en considération, le projet ou la proposition de révision doit être voté à la majorité des trois quarts des membres composant l’Assemblée nationale ». Arithmétiquement, il faut 61 députés favorables à l’initiative avant qu’elle ne soit prise en considération. Or, sans les 09 députés de la Rb et sauf revirement des membres de l’opposition, le projet sera bloqué à l’Assemblée nationale. En rompant le silence uniquement sur la question de la révision, le parti veut qu’il lui soit reconnu son rôle déterminant dans la mise en œuvre de cette réforme constitutionnelle.

FN in Le Matinal

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