Six mois après les élections : La Rb exige un audit de la Lépi

Bien que brandissant son nouveau statut de partenaire du pouvoir en place, la Renaissance du Bénin pose une question très embarrassante à son allié, le chef de l’Etat. Elle demande qu’un audit circonstancié de la Liste électorale permanente informatisée (Lépi) soit réalisé. Une revendication politique à laquelle le régime n’avait pas tendu ses oreilles avant les élections de 2011.

Alors que le débat sur le référendum et la révision de la Constitution fait grand bruit dans le pays, les discours appelant à auditer la Lépi se font de plus en plus entendre. Après Me Jacques Migan, ancien thuriféraire du pouvoir en place aujourd’hui très remonté contre ce dernier, c’est au tour de la Renaissance du Bénin d’aller dans le même sens. Profitant de sa sortie hier à son siège à Kouhounou, le parti a saisi l’occasion pour formuler cette revendication à l’endroit du gouvernement. La Rb évoque un audit circonstancié de la Lépi pour pouvoir intégrer les laissés-pour-compte de 2011. Quant à Jacques Migan, il a appelé la classe politique à se mobiliser pour faire de l’audit de la Lépi, un préalable à la révision de la Constitution. Il s’agit de deux positions qui se rejoignent, étonnamment, parce qu’elles sont exprimées par des camps d’obédience politique opposée. Mais le plus étonnant provient des renaissants, qui visiblement n’ont pas oublié le combat qu’ils ont mené aux côtés de leurs anciens alliés de l’Union fait la Nation contre leur partenaire d’aujourd’hui, le chef de l’Etat Yayi Boni. Sous la houlette de Nicéphore Soglo, maire de Cotonou, ancien président de la République et leader charismatique de la Rb, l’opposition avait acculé le régime à renoncer à l’utilisation de la Lépi pour les élections, mais face à l’échec, elle avait changé de stratégie, orientant ses actions vers l’audit du fichier électoral. Cela s’est soldé également par une nouvelle défaite, sinon qu’entre les deux élections, l’enrôlement de quelques citoyens a été autorisé par la Cps-Lépi après décision de la Cour constitutionnelle. Comme on peut s’en rendre compte, c’est un vieux débat qui refait surface, mais dans une ambiance complètement différente. Le Bénin est en pleine polémique sur la révision de la Constitution qui doit passer par le référendum. Logiquement c’est que le peuple sera appelé aux urnes pour se prononcer en faveur ou contre l’initiative. On peut donc affirmer que c’est en prévision du recours au référendum que cette revendication datant d’avant les élections de 2011 est agitée. La question qu’on se pose est de savoir l’accueil que réservera le chef de l’Etat à ce discours de son partenaire la Rb. Car, il y a lieu de rappeler que le débat était mené sur fond de suspicion et d’accusation de manipulation des chiffres électoraux. Le pouvoir était bien entendu dans la ligne de mire de l’opposition. La Rb ayant changé de position et comptant un cadre au gouvernement est revenu à la charge. C’est révélateur d’un climat qui n’augure rien de bon entre les deux alliés.

FN in Le Matinal

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