révision opportuniste de la Constitution du 11 Décembre 1990 : Nicéphore Soglo ne croit pas au départ de Boni Yayi en 2016

Il appelle les Béninois à la vigilance….
Après l’adoption de la loi portant règles générales applicables aux personnels militaires et forces assimilées qui, en sont article 9, interdit aux douaniers, aux forestiers, aux policiers…le droit d’aller en grève, les députés de la majorité présidentielle mettront bientôt le cap sur l’adoption de la loi portant conditions de recours au référendum. Ces différents actes que pose la majorité des députés acquis à la cause du Chef de l’Etat ne visent qu’un seul objectif : la révision opportuniste de la Constitution béninoise du 11 décembre 1990. Pour le Président Nicéphore Soglo le danger est à nos portes et il faut que les Béninois se réveillent enfin avant qu’il ne soit trop tard. C’est en tout cas ce qu’on pourrait retenir de l’entretien téléphonique que nous avions eu avec lui hier 27 septembre 2011.

Tout comme plusieurs autres intellectuels béninois, le Président d’honneur de la Renaissance du Bénin, M. Nicéphore D. Soglo n’est pas rassuré par rapport aux déclarations que font en ce moment les proches du Président Boni Yayi au sujet de la révision de la Constitution du 11 décembre 1990. Pour lui, les Béninois doivent se montrer plus vigilants et déjouer tous les complots qui sont actuellement en préparation pour leur faire avaler l’amère pilule de la révision de la Constitution. Selon ses déclarations, chat échaudé doit craindre l’eau froide et il serait très hasardeux de se fier aux déclarations du Président Boni Yayi et de ses proches qui investissent les médias depuis quelques temps pour faire croire au peuple que la révision de la Constitution du 11 décembre 1990 dont il sera question préservera les acquis de la conférence nationale du 11 décembre 1990 où un certain nombre de principes cardinaux faisant du Bénin un Etat de droit ont été retenus. Contrairement à tout ce que les uns et les autres disent, Nicéphore Soglo fait partie de ceux qui croient que Boni Yayi ne va pas partir en 2016. Selon lui, Boni Yayi n’est pas un homme libre car il est lié par la France-Afrique. Pour le maire de Cotonou, plusieurs Chefs d’Etat africains autour de nous ont dit plus que ce que dit aujourd’hui le Président Boni Yayi et ses proches, mais lorsqu’il est question de passer aux actes, ils ont tout simplement fait le contraire de ce qu’ils ont dit. « Au Niger, Tandja a donné sa parole d’officier qu’il ne s’éternisera pas au pouvoir. Mais en fin des comptes, c’est par un référendum organisé dans des conditions contestables qu’il a réussi à réviser la Constitution pour se maintenir au pouvoir. Il a fallu un coup d’Etat militaire pour le faire partir. Au Sénégal en ce moment, le débat autour de la candidature de Me Abdoulaye Wade aux prochaines élections présidentielles est d’actualité et pourtant, le vieux sage avait dit qu’il allait se limiter à deux mandats constitutionnels. S’il réussi à se présenter malgré les protestations des différentes forces politiques de l’opposition et de la société civile, il aurait alors créé un précédent très grave pour la démocratie sénégalaise. A une époque encore récente, si l’Ong Elan et certains hommes politiques puis les syndicats ne s’étaient pas mobilisés, le Président Mathieu Kérékou allait s’éterniser au pouvoir. Mais avec la pression du peuple, il a dû lâcher prise. Ces différents cas que j’ai choisis au hasard doivent servir de leçon aux Béninois », a dit le Président Nicéphore Soglo qui craint que les manoeuvres de la majorité présidentielle conduisent le Bénin à l’avènement d’une nouvelle République comme l’envisage d’ailleurs Abdoulaye Wade au Sénégal. Pour lui, les Béninois ne doivent pas se laisser caresser dans le sens du poil car le Président Boni Yayi et ses proches, qui disent que les articles 42 et 44 de la Constitution relatifs à la limitation du mandat et de l’âge ne seront pas modifiés, savent bien ce qu’ils font

Des signes avant coureurs
De l’entretien que nous avons eu avec lui, on peut retenir que le Président Nicéphore Soglo a parlé en prophète, même s’il lui reste à s’investir personnellement pour que les députés de la RB ne participent pas à ce complot contre la Nation. L’homme prudent voit le danger venir de loin. Des signes avant coureurs corroborent les observations du Président d’honneur de la RB. Lors d’une cérémonie au Palais de la Marina, le Professeur Albert Tévoédjrè avait souhaité que le mandat présidentiel soit porté à sept ans au lieu de cinq ans. Au cour du débat unidirectionnel qu’il y a eu le jeudi 22 septembre dernier sur le plateau de la télévision nationale, l’ancien ministre Jean Alexandre Hountondji et actuel conseiller spécial à la santé du Chef de l’Etat avait déjà lâché un autre morceau. En des termes clairs et bien précis, Jean Alexandre Hountondji avait déclaré que ce ne sont pas les députés qui vont réviser la Constitution, mais ce sera plutôt le peuple souverain qui aura le dernier mot à dire. En faisant cette déclaration, le ministre Hountondji compte certainement sur cette Lépi qui a servi à organiser une élection présidentielle d’exclusion et cette loi portant conditions de recours au référendum que les députés de la 6è législature majoritairement acquis à la cause du Président Boni Yayi vont voter en procédure d’urgence au cours de la présente session extraordinaire. Le scénario rappelle bien celui du Niger où l’ancien Président Mamadou Tandja a eu recours au peuple naïf pour vouloir s’éterniser au pouvoir. Il a échoué grâce à la volonté des militaires qui sont venus au secours du peuple souffrant. Qu’en adviendra-t-il du Bénin où les militaires ont déjà pris fait et cause pour le Président Boni Yayi. La question mérite bien d’être posée. Nicéphore Soglo a déjà parlé en tout cas.

Affissou Anonrin, in La Presse du Jour

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