Tension entre la Police de Cotonou et les conducteurs de Taxi Moto : Des Zémidjans trainés devant la justice

(Le procès repoussé avec possibilité d’un règlement à l’amiable)

La pluie battante qui s’est abattue en cette matinée du mercredi 28 septembre, sur la ville de Cotonou, a au contraire galvanisé les conducteurs de taxi moto, communément appelés Zémidjan, à effectuer massivement le déplacement au Tribunal de Cotonou. Répondant ainsi présents à l’assignation en justice orchestrée par le patron du commissariat de Dantokpa.

La mésentente née, depuis peu, entre le commissaire de Dantokpa et les conducteurs de taxi moto du marché international du Bénin, notamment ceux du parc dit des «4 thérapies» (du nom de la pharmacie des lieux) a conduit les deux parties devant les juridictions compétentes. Prévu pour ce mercredi 28 septembre 2011, le procès a été reporté au 05 octobre prochain. Raison évoquée: défaut de preuve de payement des 30.000 F Cfa de frais d’ouverture de dossier, conformément aux lois en vigueur. Rencontré hier au Tribunal de Cotonou où se tient le procès, M. Germain X, conducteur de taxi moto et usager du parc, explique: «Nous sommes assignés au sujet des plaintes que nous avons formulées contre le commissaire de Dantokpa, auprès du Chef de l’Etat. Nous avons dit de façon claire, sans rien cacher, les tracasseries que nous subissons de la part des policiers qui sont sous sa responsabilité. Mais, le commissaire nous a assigné parce qu’il n’aurait pas reconnu les faits évoqués. Il exige de nous, un dédommagement. C’est pourquoi nous sommes venus nombreux témoigner du bien-fondé de nos cris de détresse. La preuve, le commissariat est rempli, à l’instant même, de motos de zémidjan.»

D’après les déclarations de M. Germain X, les conducteurs de taxi moto dont ceux réunis au sein du Mouvement des Zémidjan pour un Bénin Emergeant (Mozebe), avaient entre temps, fait part des difficultés de leur corporation au Président de la République en présence du ministre de l’Intérieur. C’était lors d’une audience publique à eux accordée par le Chef de l’Etat. A l’occasion, ils avaient insisté sur les cas de la ville d’Abomey-Calavi, Godomey et Dantokpa, entre autres.

«A Calavi et Godomey, les agents de police disposent d’hommes en civil pour arrêter les zémidjan et leur confisquer leur moto. A Dantopka, c’est le commissaire lui-même qui dirige les opérations et fait payer 7500 f cfa en plus des frais de fourrière, selon le nombre de jour que la moto a passé au commissariat. Maintenant, c’est à un taux plus élevé», raconte Germain X. Au nombre des motifs de l’acharnement des agents de police que les Zémidjan qualifient d’abusifs, on retient notamment, la supposée expiration de la période de validité du numéro d’immatriculation de leur uniforme (le maillot jaune) et droit taxi périmés, non respect du port de casque, etc. Le premier argument, est celui qui exaspère le plus les Zémidjan. Car, à leurs dires, la mairie de Cotonou qui leur délivre les numéros n’a jamais attiré leur attention sur l’expiration d’un quelconque délai de validité des numéros initialement attribués.

D’après M. Germain X, il a suffit des complaintes pour que le commissaire multiplie ses actions contre les conducteurs. Les menaces seraient mises en exécution depuis le jeudi dernier pour aboutir à un règlement devant la justice qui vient de renvoyer les protagonistes au 5 octobre prochain. A suivre.

Par Blaise Ahouansè, dans le Quotidien La Nouvelle Tribune

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