Vote de la loi sur la restriction des libertés syndicales à la douane : Les députés de Yayi ont plongé dans une piscine vide

Sauf revirement de dernière minute, la loi portant règles générales applicables aux personnels militaires et assimilés sera bientôt en vigueur au Bénin. Après son adoption par 59 députés dressés pour refonder vaille que vaille la République, l’étape qui suivra sera celle de sa promulgation si le Chef de l’Etat ne juge pas de son déferrement devant la Cour Constitutionnelle pour un éventuel contrôle de Constitutionnalité. Mais en vérité, cette loi qui a retenu toutes les attentions comme celle qui parle de la corruption risque de ne pas combler les attentes. Pour ce qui est par exemple de la loi qui restreint les libertés syndicales des douaniers et des autres forces paramilitaires, il faut avouer que ce n’est pas son vote qui permettra à Boni Yayi d’atteindre ses objectifs. Les douaniers peuvent être à leurs postes de travail 365 jours sur 365 sans que les caisses de l’Etat ne se renflouent comme le souhaite le Président Boni Yayi. C’est eux qui, au prix de leur vie, ont toujours mobilisé les ressources de l’Etat. Ils savent comment s’y prendre pour que les quotas qu’on leur fixe soient atteints même si on les accuse d’empocher une partie non négligeable des recettes de l’Etat. La solution n’est pas de les empêcher d’aller en grève car le sabotage est plus dangereux que la grève. Si, à un poste de contrôle, le douanier ne décide pas de se sacrifier, les caisses de l’Etat ne vont pas se remplir. Il va remplir ses poches et les caisses de l’Etat resteront toujours vides. En ce moment, que fera-t-on puisqu’il n’est pas allé en grève. Encore qu’il est temps, il urge donc que le Chef de l’Etat suivent les conseils de l’opposition et accepte de discuter avec les douaniers. Il ne sert à rien de chercher à les priver d’un droit déjà acquis. Ce que le Président Boni Yayi doit savoir est que les 59 députés qui ont adopté la loi portant règles générales applicables aux personnels militaires et paramilitaires ne lui ont pas rendu service. Au contraire, ils lui ont créé des problèmes qui ne feront que raviver la tension nationale. Il ne doit donc pas prêter flanc à la guerre de clans que se livrent les anciens cadres de la douane qui sont autour de lui et ceux qui sont encore en fonction en ce moment. La preuve est que lorsqu’il a pris le risque de nommer à la tête de la Direction générale des douanes et droits indirects un cadre qui était déjà admis à faire valoir ses droits à la retraite, les résultats ont été catastrophiques.

Affissou Anonrin, La Presse du Jour

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