Douane béninoise : Reprise du service après 72 heures de grève

Les douaniers ont repris service hier au port de Cotonou : Après la mise en exécution des menaces du Chef de l’Etat

Les services des douanes du Port de Cotonou et de Hillacondji, ont connu dans la journée de ce jeudi 29 septembre 2011 des mouvements sans précédant. A peine les portes défoncées et les serrures remplacées que les douaniers grévistes se sont précipitées pour rejoindre leur poste et reprendre service, écourtant ainsi leur mouvement de grève.

Portes défoncées,  de nouvelles serrures montées, des douaniers retraités venus pour remplacer ceux grévistes, des policiers et militaires cagoulés, les opérateurs économiques et transitaires stupéfaits criaient leur désarroi, c’est le triste spectacle que l’on pouvait voir dans la matinée de ce jeudi à la recette douane port de Cotonou.  Bref la tension est montée d’un cran sur les lieux.  Dans un des locaux, les retraités se préparaient à servir à nouveau leur nation. Sur le bitume, les transitaires, principaux clients des douaniers observent. Ils cherchaient à comprendre ce qui se passait à l’intérieur. D’autres protestent, et promettent de ne pas solliciter les services des retraités. Un douanier retraité lance : « Il faut casser. On va payer d’autres pour les changer. On leur demande de travailler pour le pays et ils refusent ». Dans la foulée, un opérateur économique apprécie : « Les douaniers sont tellement libres dans ce pays. Allez au port de Lomé et au port sec de Ouagadougou, les douaniers ne sont pas si libres ». A quelques mètres de là, au guichet unique, les portes des bureaux de la douane qui s’y trouvent sont également défoncées. Et tout ceci en présence d’Huissiers et du Directeur général de la Douane, Théophile Soussia. Ce dernier explique l’opération et invite ses collaborateurs à rejoindre leur poste.

La grève suspendue
Invités à remplacer les grévistes, ces retraités n’ont pu accomplir cette mission spéciale à eux confiée par le Chef de l’Etat.

Les douaniers grévistes voyant certainement le danger venir sont revenus sur leur décision. Il sonnait 13 heures ce jeudi, alors que les responsables de l’administration douanière se préparaient à installer les retraités, les jeunes font leur apparition. La plupart d’entre eux se dirigent aussitôt vers leur bureau. Tels des inquiétés, ces jeunes douaniers pour la plupart ont aussi repris service au niveau de toutes les sections de la recette douane port. Dans la soirée de ce jeudi au moment où nous mettons sous presse, un responsable de la douane confirme par Sms que tous les douaniers aux postes au Port de Cotonou ont repris service. « Ils ont tous repris », écrit-il.

CG, du Quotidien Le Matin

Encadré
Quelques acteurs portuaires et curieux apprécient

Un transitaire
« Nous sommes des transitaires. L’acte que les forces de l’ordre et les douaniers retraités sont en train de poser à l’intérieur des locaux de la direction des douanes au port de Cotonou, a pour base le message que notre Président Boni Yayi  a livré mercredi sur les chaînes de télévision nationales. Les militaires ont défoncé les bureaux. Où sommes-nous ? ».

Un opérateur économique
« Les douaniers sont libres dans ce pays. Allez au port de Lomé et au port sec de Ouagadougou, les douaniers ne se lèvent pas pour faire de grève n’importe comment. Nous avons les conteneurs qui sont arrivés depuis ».

Un transitaire
« Je suis transitaire. J’ai été interpellé par les bruits qu’émettaient les gens qui se sont regroupés. Mais  je tiens à dire que le Président Boni Yayi, c’est notre papa. Quand un papa frappe et l’enfant se met à pleurer, après quelques temps, ce papa  interpelle son enfant, voit ce que l’enfant a reçu comme coup et l’apaise. Cette procédure du Chef de l’Etat n’est pas du tout bonne.
Le président doit remettre la balle à terre. Il doit rappeler ces enfants pour leur demander ce qu’ils veulent ».

Un curieux
« Comme l’avait dit le président Yayi mercredi sur la chaîne nationale, c’est à ça que nous sommes en train d’assister. Dans un pays où il y a la démocratie, je pense que les douaniers ne sont pas des corps militaires et normalement ce sont les auxiliaires de  l’armée. Pour le moment, ils ne sont pas  dans leurs droits d’aller en grève. Il faut qu’ils dialoguent avec les autorités du pays. Mais quelqu’un qui a son bureau fermé et qu’on vienne défoncer ses portes, c’est déshonorant ! Si les douaniers observent des jours de grève, la solution n’est pas de rassembler quelques personnes acquises à sa cause, qui diront, nous vous supportons.  Ceux qui sont allés à la retraite, nous, les jeunes sommes là. On peut  remplacer ces retraités. Pourquoi on doit aller chercher des vieux mourants pour remplacer ceux qui ne sont pas là».

Un groupe de transitaires
«Les douaniers retraités qui sont venus travailler, ce sont des affamés. Il y a certains parmi eux qui ont refusé de suivre le mauvais exemple de leurs collègues. On ne veut pas. On ne collabore pas avec les vieux.»

Un curieux
« En temps normal, il faudrait que la loi portant sur la grève soit promulguée avant qu’on ne fasse ces casses. On veut nous amener quoi ? Derrière un douanier, il y a plusieurs bouches à nourrir. Il faut faire preuve de modestie avec les douaniers. Sinon ceci devient de la dictature».

Un transitaire
« Vraiment nous sommes désolés.
Mais ces mesures ne devaient pas être prises au lendemain de la sortie médiatique de Boni Yayi. Les autorités devaient attendre aujourd’hui  ou lundi prochain avant de procéder à cet acte ».

Propos recueillis par Edem ANAKA (Stag.)

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