En toute sincérité – Le veto sexuel !

L’affaire a fait le tour du milieu et nourri les commérages les plus fous. Un couple qui justement brûle de problème sexuel. La fronde vient ici de la femme qui, à la moindre incartade, tourne souvent dos à son mari dans le lit conjugal. L’époux emballé par le désir recourt instinctivement à la force. Tu cèdes ou je te moleste. Conséquence : du bruit et des cris en pleine nuit. Une équation soumise à la réflexion de la société.

Le refus de faire l’amour avec son époux relève a priori de l’insolite. A posteriori, ce geste brasse des intentions à feuilleter. La répétition du veto sexuel paraît plutôt suspecte. La raison et la morale enseignent que les échanges intimes de bons procédés meublent le devoir conjugal. L’union de l’homme et de la femme y trouve son éclat. L’éthique recommande aux époux de ne jamais faire la fine bouche devant le plaisir. «Le sexe est le prix que les femmes payent pour se marier. Le mariage est le prix que les hommes paient pour avoir du sexe» observe sagement Allan Pease. Il est évident que ce couple rythmé par le refus d’un des époux de se livrer à fond à l’agréable jeu intime, devient la proie de pire situation.

Si le refus se fait sur le support de grossiers prétextes, on doit s’interroger sur l’avenir du couple. Car il faut avoir de raisons sérieuses et suffisantes pour dire Non au lit. Le contraire n’est ni plus ni moins qu’une audace périlleuse. Des causes légitimes d’un quelconque Non existent : La maladie, les menstrues, la fatigue par exemple. Les pesanteurs psychologiques plaident elles aussi en faveur de la femme. Cet argument évoqué et ressassé chaque soir tombe évidemment dans la poubelle. Le refus, pour un Oui ou un Non, du rituel à deux est un drame. Comme les travailleurs qui utilisent l’arme de la grève pour faire pression ou faire chanter le pouvoir, les femmes ont leur méthode pour torturer l’homme. Ne croyez surtout pas qu’elles vont descendre dans la rue ou refuser de faire la cuisine. Le débrayage se joue au lit. La grève de la femme qui revendique plus d’attention de l’homme, plus d’amour et l’augmentation de l’argent de la popote, est susceptible de mettre l’homme dans l’embarras. La formule «Le cœur dans le sexe» ou «le sexe dans le cœur» de Malcolm de Chazal rappelle que le contact lubrique assure la longévité du mariage. Il y a, en revanche, un Non qui sert à calmer les ardeurs d’un homme boulimique, toujours excité, agité et brouillon. Quelques obsédés ne peuvent voir certaines parties du corps de leurs femmes sans s’empêcher, au mieux des cas, de chuter dans le lit. Les dépassements dans les couloirs sont à haut risque à cause de l’impatience du mari. Deux maladresses sont à éviter dans la quête du bon sentiment de la partenaire : La niaiserie sous l’effet de la libido et la brutalité.

La niaiserie, parlons-en ! Des époux schizophrènes, sous le contrôle de l’instinct sexuel, déversent un flot de paroles insensées qui amplifient l’agacement de la femme. Le délire indécent du mari en surexcitation produit l’effet contraire. Il n’ajoute que de l’huile au feu et ôte tout désir à la partenaire. La Libido évoquée par Saint Augustin, Spinoza et surtout théorisée par Freud rend décidément l’homme fou. Elle agit en bourreau de l’époux privé de volupté.

La brutalité sous l’effet du désir brûlant ravale l’époux au niveau de la bête en rut. Violer sa femme est un crime comme tout viol Il vaut mieux l’amadouer voire l’endormir avec des mots doux jusqu’à l’amener à se libérer avec enthousiasme des derniers remparts qui protègent la sublime cible. En cas d’échec des négociations et de l’improductivité des bonnes manières, inutile de céder à la tentation du diable.

Le mode d’action de la femme fâchée, axé sur le Non fantaisiste et punitif, est un couteau à double tranchant. J’y vois un élément de crise conjugale. La jalousie de la femme au veto sonne comme du non-sens et de la provocation car on ne peut à la fois dire Non sous le toit conjugal et dire Non à la place des autres. A trop brandir le carton rouge au mari, on finit par le jeter sur le terrain extraconjugal où les arbitres sont cléments et généreux.

Le chroniqueur épouse la conviction de Woody Allen qui jure que «Le sexe apaise les tensions «. Jolie formule à partager en paroles et en actes dans l’environnement conjugal. Il faut certes parfois refuser pour se faire désirer par son homme, mais l’habitude du Non va briser l’harmonie conjugale. Je crois que certains ont trouvé la meilleure formule avec la polygamie. Ils n’ont pas à se soucier du Non d’une femme isolée dans une mare de coépouses. La concurrence se fait dans le lit avec une succession de Oui. Au bonheur du polygame !

Le veto sexuel doit être l’ultime recours. Tout abus du Non fait couler l’amour dans les rigoles. Le brasier conjugal adopte malheureusement ce style et certaines femmes y excellent à leur risque et péril.

Sulpice O. GBAGUIDI

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