Grève dans l’administration douanière : THEOPHILE SOUSSIA FAIT DEFONCER LES PORTES DES BUREAUX DE SES COLLEGUES

Alors que la grève de 72 heures déclenchées par le syndicat des douaniers s’achève ce jour 30 septembre 2011, le directeur général de la douane et droits indirects, Théophile Soussia a fait défoncer les portes des bureaux des agents de la brigade du port autonome de Cotonou hier. 
Tandis que les Béninois se sont réveillés hier en réfléchissant toujours sur les déclarations du chef de l’Etat, Boni Yayi effectuées la veille, le directeur général des douanes et droits indirects Théophile Soussia accompagné d’un huissier de justice a fait défoncer les portes des bureaux des agents grévistes de la brigade du port autonome de Cotonou. Accompagné des menuisiers, il a fait remplacer les serrures de ces bureaux pour ensuite installer les douaniers retraités reçus la veille par le chef de l’Etat au palais de la Présidence de la République et ceci devant les regards hébétés et désapprobateurs des usagers de cette brigade. Quand on sait que la grève déclenchée par les douaniers prend fin ce jour et que le chef de l’Etat, lui-même a dit attendre la décision favorable de la Cour Constitutionnelle pour promulguer la loi votée qui interdit aux paramilitaires de faire grève, il aurait mieux fallu, selon plusieurs observateurs attendre la reprise du travail avant de mettre en branle ce scénario. Mieux, selon les transitaires, ces agents retraités ne maitrisent plus les nouveaux outils et les nouvelles pratiques de la profession étant donné que les choses ont évolué. D’autres ne comprennent pas que des milliers de jeunes sont à la quête d’emploi et qu’on choisisse de faire appel à des retraités. Théophile Soussia a-t-il agi sur instruction du chef de l’Etat, de son ministre de tutelle ou des conseillers aux affaires douanières du président de la République ou encore simplement par zèle, nul ne peut le dire. Toutefois, pour beaucoup, cette option n’est pas de nature à favoriser les négociations. S’il est vrai que personne ne saurait cautionner le jusqu’auboutisme des douaniers, il n’en demeure pas moins que l’attitude intransigeant du chef de l’Etat ne favorise pas également une solution négociée à la crise. Dans tous les cas, en faisant changer les serrures des portes des bureaux de ses collègues, le dg Soussia a pris position pour le gouvernement contre ses collègues, histoire de préserver son poste de directeur contre sa carrière toute entière.

Rochereau AVIDOUTE, dans l’Autre Fraternité

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