Intégralité du discours de Yayi face aux douaniers retraités

 « Les grandes démocraties le font. Où que se trouvent les ressources humaines, la République est là. Et nous allons prendre cette orientation. Elle est la meilleure. Nous avons un dispositif aujourd’hui qui ne permet pas à la République de recourir aux compétences de ses fils au moment opportun, où ces derniers sont en pleine forme pour pouvoir servir la République. Nous allons y arriver. Je suis un homme optimiste. Je vous ai fait appel pour vous dire que vous suivez bien ce qui se passe. Il se pourrait que vous n’ayez pas toutes les informations. Mais il faut que vous ayez toutes les informations quel que soit ce que vous voulez faire. Il n’y a rien de grave qui se passe pour moi. Le mal dont je souffre est le rêve que j’ai pour la République. Ce rêve de voir notre nation devenir une grande patrie. Ma faiblesse dit-on est qu’il est pressé. Est-ce qu’on peut reprocher à quelqu’un qui est pressé d’aller vers le bonheur ? Mes chers amis, le peuple béninois est comme une femme qui attend un bébé. Le bébé a été toujours source de bonheur. Pendant que le bébé est dans le ventre, elle sent quelques malaises. Elle est toujours délivrée lorsque le bébé sort. J’assimile cela à des situations où nous sommes contraints à des réformes. Pendant que les réformes sont en cours, nous devons accepter de faire des sacrifices comme cette mère qui veille sur son bébé dans le ventre pendant qu’elle souffre. D’une manière générale, notre économie est malade par rapport à l’ambition qui m’anime. Rappelez-vous en 2006, j’ai bien dit en route vers un Bénin nouveau, émergent. Prenez mon projet de société, tout ce que j’ai indiqué est toujours d’actualité. Et je n’ai pas renoncé à cela, encore moins ma conviction.

            Quelles que soient les difficultés, j’ai la conviction que nous vivons d’espoir et d’espérance. Je ne suis pas découragé et surtout je ne veux pas que les Béninois soient découragés. Je ne veux pas que l’on affiche une mine de désespoir même quand l’on souffre. Tout se passera bien. Nous sommes dans une situation où les finances publiques sont dans un état difficile, parce que nous ne travaillons pas bien, nous ne sommes pas bien organisés. Qu’il vous souvienne, il y a deux ans, la situation de nos finances était telle que, même si c’est technique je vais vous simplifier cela. Il y a des pays qui donnent, des donateurs. Et je me souviens en décembre 2009, ces pays qui devaient nous donner quelque chose de 48 milliards ont estimé qu’on avait des problèmes. Parce que le fonds monétaire qui était le représentant de la communauté internationale et qui veille sur l’utilisation de l’assistance internationale des pays qui recourent à ce fonds… Vous ne pouvez pas recevoir quoi que ce soit avec la communauté internationale, si vous n’aviez pas un programme avec le Fmi ou la banque mondiale. Ce sont les règles du jeu. Pendant longtemps, j’avais cru que c’est parce que nous étions pauvres qu’on nous traitait comme cela. Mais aujourd’hui, quand je vois la cure à laquelle est soumise la Grèce je me dis en réalité, les règles sont de portée générale. Avec tout ce qu’on demande à la Grèce en terme de privatisation, mieux, on leur demande de prendre des mesures au niveau du parlement au moment où nous légiférons par décret au niveau de l’Exécutif. On demande aux Grecs d’aller devant l’Assemblée nationale et d’amener même les opposants à signer les réformes, à les accepter. L’Europe toute entière a mis des ressources à la disposition de la Grèce. La banque centrale européenne a créé un fonds européen d’assistance à chaque pays en difficulté, le fonds monétaire aussi y a contribué. La condition est que la Grèce doit faire des réformes qui doivent lui permettre de rembourser toutes ses dettes, de relancer l’économie et d’empêcher les défauts de paiement qui peuvent avoir un effet de domino, c’est-à- dire la contagion vers les pays voisins tels l’Italie, le Portugal. C’est à partir de cet exemple que j’ai su que la thérapie à laquelle on nous soumet nous autres, pays pauvres n’est pas particulière à nous.

            Il y a deux ans donc, je disais nos finances publiques étaient au plus bas. La cause première est la chute de nos ressources douanières. La deuxième cause est la distribution des primes, indemnités et salaires. Donc en termes de dépenses, nous sommes allés plus loin et en terme s de ressources, nous avons chuté. Chaque fois, ces institutions nous rappellent à l’ordre. M. le président, ça ne va pas au niveau de la douane béninoise. Je ne les critique pas : ils sont mes enfants, mes chers compatriotes que j’aime bien. Mais on dit qui aime bien châtie bien. Si je ne le dis pas, comment ils sauront en réalité que ça ne va pas pour leur permettre de changer de méthode de travail. Comment ? Et ils ne sont pas les seuls. On m’a même dit pour que nous puissions améliorer notre rendement, on a besoin de ceci et de cela. Donc en réalité, le phénomène même ce ne sont pas les douaniers seuls. C’est l’Etat tout entier. Il faut être honnête. On n’a pas pu acheter ce qu’on devrait mettre à leur disposition. Toujours à fin décembre, j’ai dit au ministre des finances d’aller pour répondre aux désidératas. Ils veulent nous donner de l’argent, environ une quarantaine de milliards car à la fin de l’année tous arrêtent leur comptabilité. Mais ils ont dit, si vous n’obtenez pas la lettre de confort, nous allons annuler le montant qui vous était destiné. Le ministre des finances est parti là-bas, il y a eu presque incompréhension et l’on a tourné en rond. J’ai dû prendre l’avion avec l’argent du contribuable pour les rassurer. Et arrivé là-bas, le même reproche m’a été fait. Pourquoi tant d’indemnités à distribuer et pourquoi la gouvernance douanière. Je leur ai dit que nous allons prendre les mesures. Ainsi, ils nous ont accordé la lettre de confort. Ce qui nous a permis d’avancer un peu. L’accès à l’eau dans le Bénin profond, on a construit des écoles et des routes. Mais les besoins augmentent puisque la croissance démographique augmente. On était 5 millions de Béninois, aujourd’hui on est 9 millions. La population s’accroît et il faut absolument que les ressources s’accroissent également concomitamment, sinon plus que les besoins. Voilà là où on est. Pendant ce temps, engagez les réformes… L’année 2010, même scénario. J’ai dû prendre l’avion encore pour aller les convaincre. Et à eux de me dire, vous promettez et vous ne faites pas. Là aussi, ils m’ont remis la lettre de confort. Depuis lors, nous sommes en 2011. On se prépare à faire la reddition des comptes. La situation est plus catastrophique encore. C’est toujours des grèves, indépendamment des rigidités que nous constatons au niveau de nos administrations. La méthode de travail, l’absence d’organisation appropriée. Tout ce que nous faisons, ce n’est pas pour que cela rentre dans la poche de Boni Yayi.

            Je veux que mon pays grandisse. Voilà ce qui me rend malade. Et je le dis, vous pouvez croire comme vous pouvez ne pas croire. Dieu nous a créés tous pour être riches. Il ne doit pas avoir de riches et de pauvres. Mais nous devons travailler, puisque nous devons manger à la sueur de nos fronts. Donc, il fallait décider de ces réformes là. C’est pourquoi, nous avons décidé premièrement pour mieux maitriser nos ressources, nous allons nommer des auditeurs au niveau de tous les ministères. Parce que moi-même qui suis ici, très souvent je ne sais pas ce que les ministres font dans leurs ministères. Et quand il y a des problèmes, nous sommes dans un régime présidentiel, on dit c’est Yayi Boni.

Cette fois-ci je vais y remédier. Je vais désigner quelqu’un dans chaque ministère qui doit regarder et me faire des rapports de ce qui se passe à l’intérieur du ministère. La ponctualité au travail, l’assiduité, l’attachement au travail et la gestion des ressources etc… pour commencer par identifier le mal qui nous ronge dans nos ministères. C’est pourquoi j’ai nommé des auditeurs sur proposition de l’inspecteur général d’Etat. Même dans les entreprises publiques, nous en avons nommé. Tout cela, c’est pour mieux maîtriser nos ressources. Là aussi, les entreprises publiques, il faut les suivre de très près. L’une d’elles une année a fait un chiffre d’affaires de 23 milliards et elle a bouffé 22 milliards. Je les ai convoqués et j’ai dit maintenant, c’est terminé. Nous voulons aller véritablement à une meilleure utilisation de nos ressources et un meilleur partage. Rappelez vous bien, ce n’est pas quelque chose que j’ai inventé. Pendant la campagne je vous ai dit, il y a une soixantaine de réformes que j’essaie de simplifier à une trentaine. Ce n’est pas quelque chose que j’invente maintenant. Et tout ce que je fais, je l’ai dit au peuple béninois. Et le peuple béninois n’a pas voté pour moi parce que je suis de grande taille. C’est le programme que le peuple a adopté. Et pour la démocratie, il n’y a pas une minorité ou de technocrates qui soient capables d’arrêter cette réforme, ce n’est pas possible.

            Donc, c’est dans ce cadre que nous avons commencé. D’abord des grèves, des grèves sur des grèves. Le ministère des finances a été paralysé pendant huit mois. On est parti de l’affaire Dangnivo. Un monsieur que je ne connais même pas. Je convoque le ministre et je demande qui est ce Dangnivo., le ministre des finances me dit qu’il ne le connait pas. On en fait un argument. On en a fait de la politique alors que les problèmes sont techniques. Au ministère des finances, nous avons la douane, les impôts et le trésor. Et ils ont paralysé le ministère impunément, soi disant qu’ils font du syndicat pendant huit mois. Et lorsque Dieu a conduit les choses et on a mis la main sur l’assassin… J’ai demandé l’assistance des Allemands. Je me suis expliqué pendant la campagne. On ne va pas revenir là-dessus. Les médecins légistes sont venus constater. Les politiciens ont refusé. Ils sont allés donner de l’argent à la famille pour dire de refuser parce qu’ils voulaient confronter l’Adn pour voir à qui appartient le corps qui a été exhumé à Womè. Au même moment, on paie les syndicats pour bloquer les ministères. La française s’est fâchée, elle est repartie. L’allemand en partant a coupé les doigts de ce monsieur et a demandé à la justice de lui envoyer les empreintes. Ce qui a été fait. Je ne le connais pas. C’est un grand professeur. Puisque j’ai saisi les autorités allemandes pour dire envoyez-nous quelqu’un pour vérifier. Devant tout le monde, il a écrit à la justice qu’il est formel, c’est celui qu’on cherche. Les politiciens sont en train de dire si on vote pour eux ils vont aller chercher Dangnivo. Et c’est en ce moment que le ministère des finances a dit que ce n’est plus affaire de Dangnivo, mais c’est le point indiciaire. Et les grèves continuent toujours. On peut gérer un pays comme ça ? Quel est le pays qui peut réussir s’il n’y a pas la fermeté pour qu’il y ait des règlements de compte de cette manière. Si nous faisons la démocratie, écoutons la voix du peuple. Si on va aux élections et on perd les élections, on perd les élections. Il faut laisser celui que le peuple a élu faire les réformes. Puisque le peuple a choisi le programme. On veut toujours créer des problèmes. Après ça, il y a eu des grèves sur des grèves. Je ne veux pas vous ennuyer sur ces nouvelles qui ne sont pas bonnes pour la République. Jusqu’à ce qu’on soit arrivé à cette histoire de 25%.

            Et chaque fois, la douane est toujours impliquée. Nous n’avons pas de ressources. Pour le moment, on n’a pas encore accès à notre pétrole et à d’autres ressources, le fer, l’or etc.

Nous sommes en train de courir dans tous les sens pour faire venir les experts et les spécialistes pour permettre au moins de jouir des ressources de notre sous-sol. J’ai toujours dit qu’on ne peut pas avoir du pétrole au Congo, au Gabon, au Cameroun, en Guinée équatoriale, Nigéria, Ghana et Côte d’Ivoire et dire qu’au Bénin et au Togo, il n’y a rien. Je ne crois pas. Mais pour moi, le budget est fiscal. Nous devons prendre garde.

Le fonds monétaire ne peut pas tout le temps nous tirer les oreilles. Ce n’est pas normal si nous voulons la fierté de notre pays. Voilà là où on en est. Lorsque tout d’un coup on a dit nous vivons d’importations. En attendant que notre travail nous permette de nous nourrir. On a toujours identifié à travers les appels d’offre internationaux selon le code du marché public qui est une loi de notre République. D’abord c’était Cotecna, après c’est Bivac qui a fait près de 12 ans. Le principe était de contrôler la qualité et le contenu des importations. Même là aussi, certains compatriotes refusent de se soumettre à cette formalité. Des pénalités sont prévues, mais rien n’est versé. C’est du désordre. Cette fois-ci, pour que le fonds monétaire ne nous tire les oreilles une troisième fois, il faut absolument que nous allions à cette réforme là. C’est indispensable.

            Donc, c’est pourquoi nous avons dit que nous maintenons le contrôle des importations. Et que les questions de pénalités soient gérées de manière à ce que cela soit bénéfique au peuple béninois. Deuxième élément puisque vous dites que vous êtes des douaniers, lorsque dans mon pays il y a des importations qui sont faites dans l’anonymat. Une Jacqueline qui importe et qui met le nom de Jacob. Pourquoi elle fait cela ? Il faut chercher à comprendre. Même si elle finit de payer la douane, lorsqu’elle sort de là, c’est pour échapper aux impôts et qu’on ne retrouve pas là où elle est installée. Il faut y remédier. Deuxièmement, il y a des gens qui viennent avec 50 millions de marchandises, et pour ne pas payer la douane, ils disent que le véhicule va en transit pour le Niger. Arrivé à Allada, le véhicule bifurque pour aller déverser la marchandise. Des choses que vous connaissez bien. C’est connu de tout le monde. Mais ce n’est pas Boni Yayi qui a inventé cela. Tout le monde le reconnaît. On dit qu’il faut en finir avec cela. Parce que nous perdons énormément de ressources pour le pays. Où alors des gens viennent avec du champagne et disent que c’est la farine de blé. Où c’est la drogue, les armes et on dit que c’est autre chose. Donc il faut aller au scanning également. Le suivi des véhicules avec le système Gprs, le tracking et voir aussi les modalités de dédouanement. Lorsque quelqu’un fait quelque chose à 30 millions, il vient demander une base consensuelle à trois millions, cela va nous appauvrir. Les gens m’ont dit que c’est depuis la dévaluation que la méthode a été lancée. Maintenant revoyons cela ensemble. Il faut que nous changions. Nous ne pouvons pas rester immobiles. On ne peut pas continuer comme ça. Je suis président de la République. Ce que vous vous dites, vous croyez que je ne suis pas informé ? Parce que celui à qui vous parlez prend les dispositions pour me retourner l’information.

            Ils ont commencé par faire une tournée pour informer les douaniers. Vous allez accepter cette réforme-là ? Mais vous les jeunes, vous allez retourner pauvres à la retraite. Voilà le problème. Lorsqu’on m’a retourné cette affaire, ça je le reconnais, je me suis fâché. Et le jour où je devais récompenser l’équipe de football du palais, j’ai parlé. Je reconnais que c’est sous l’effet de la colère. Parce que les réformes ne vont pas apporter l’argent dans ma poche. C’est pour la République. Et tout sera audité de toutes les façons. Et on va voir les jeunes recrues pour leur dire de ne pas accepter cela. Et ils sont les mêmes à aller à la télé pour dire nous voulons le Pvi. Pourquoi nous voulons tromper le peuple si tant. Si le Bénin grandit, c’est tous les Béninois qui vont grandir. Mes chers compatriotes, aimons le pays. Pour la 1ère fois, après l’appel d’offres, moi j’étais en pleine brousse vers Banikoara lorsque toutes ces questions ont été réglées au sein du gouvernement. Le marché a été lancé selon les règles de l’art par un appel d’offres international, selon le code des marchés. Lorsqu’on est venu me rapporter que c’est une société générale suisse en partenariat avec un certain Talon qui a gagné le marché, qu’est-ce que vous voulez que je fasse ? Parce qu’il y a un Béninois, il faut dire non ? Les contrats que vous aviez signés, nous allons revoir tout. Mais tout le monde n’a qu’à se mettre au travail. Ce n’est pas ça qui doit nous opposer. Vous ne pouvez pas aller à la télévision et dire que nous soutenons le Pvi et au même moment décréter des grèves n’importe comment. Vous allez à Hillacondji jusqu’au Togo, il paraît que les camions sont alignés. On n’en touche pas. Quand les gens veulent payer, ils refusent de prendre. Qu’est-ce qu’on veut faire du Bénin au juste. Et tout le temps des grèves. Un douanier qui part et on le piétine, il faut aller en grève. On me dit, c’est les propos du président. Pourquoi continuer comme cela ? Qu’est-ce que vous aviez fait pour que je sois contre vous. Au contraire, je vous félicite, mais débarrassez-vous des maux dont vous souffrez. Et je le dis à toutes les couches de ce pays. Moi-même, je ne dis pas que je suis parfait. Qui est parfait sur cette terre ? C’est Dieu seul qui est parfait. Mais acceptez qu’on se dise la vérité. Si vous n’êtes pas content, vous demandez audience.

            Parce que vous n’allez pas me refuser la légitimité. J’ai été élu au niveau national au suffrage universel. Mais oui, que vous soyez content ou pas. C’est comme cela la démocratie. C’est clair et net. S’il y en a qui perdent leur temps pour dire que c’est de la fraude, par quelle fraude. En tout cas, tout le pays a voté pour moi. Tous les Béninois à 70% ont voté pour moi. Le Nord à 70% a voté pour moi. Comment je peux avoir fraudé ? Dites-moi ça. Les cartes d’électeur ont été faites. Les instructions venaient du secrétariat général des Nations-Unies. Il faut aller faire la campagne pour 2016. En tout cas, moi je ne serai pas là. Cette fois-ci j’ai été élu. J’ai été élu proprement en 2006, j’ai été élu proprement en 2011. Cela veut dire que je dois beaucoup à ce peuple béninois. Je donne toute ma vie à ce peuple béninois qui a accepté de m’adopter. C’est pourquoi, je ne veux pas des injustices. Mais si on passe tout le temps à faire des grèves, alors que c’est la seule source de financement du pays. On me dit de négocier. J’ai fait des négociations sur des négociations de jour comme de nuit. On a tout fait. Impossible. Autrement c’est quoi, on fait la politique. Ce qu’on n’a pas obtenu par les urnes, il faut les obtenir par la rue. Au Bénin ici. Vous croyez que je vais reculer. Je mets en garde quiconque va prendre la rue pour faire du désordre, je dis bien quiconque en défi. On ne peut pas continuer comme ça. On ne peut pas construire un pays comme ça.

            Cette démocratie, c’est une démocratie Nescafé, chargée de désordre et d’anarchie qu’on est en train de mener. On n’ira jamais à la prospérité si nous ne changions pas de chemin. Il faut que nous changions de chemin mes chers amis. Je m’adresse à vous, je m’adresse à la République. Les gens ont pris une décision et dans les paramilitaires, nous avons les douaniers, les policiers et les eaux et forêts. Je ne pense pas que les eaux et forêts aient jamais fait la grève dans ce pays sauf erreur de ma part. Les policiers et les eaux et forêts, c’est maintenant qu’ils sont en train de proposer leur statut particulier. Les policiers se sont constitués en syndicat mais n’ont jamais fait la grève. Un jour, au Sénégal, il y a quelques années, j’y étais, à la Bceao, ils voulaient faire une petite marche, le président Diouf les a radiés. Rien ne s’est passé. 10 000 policiers ont été radiés. Motif, ils ont les armes. Dans notre pays, rendons grâce à Dieu. Ils sont inspirés, ils se sont constitués en syndicat. Ils ont été sages et je les félicite. Je félicite aussi les eaux et forêts. Mais aujourd’hui, leur statut se trouve au bureau du président de l’Assemblée nationale. C’est vrai que ce n’est pas encore examiné. Alors, vos jeunes frères douaniers que vous avez quittés, ils ont un comportement qui n’est pas normal. Je les aime bien et qui aime bien châtie bien. Ils croient que je suis contre eux. Je ne suis pas contre eux. Je suis contre leur pratique. Si, c’est d’autres personnes qui se comportent comme cela, je me comporterai de la même manière. Je me reproche des choses moi aussi. Nous sommes en famille. Le Bénin est une grande famille. Elle est la seule. Il semble, je ce que je ne savais pas, qu’ils aient leur statut. Leur proposition serait même allée à la Cour suprême. Sauf erreur de ma part, c’est le Secrétariat général du gouvernement qui doit envoyer les documents à la Cour suprême. Dans ce document, ils ont maintenu leur droit de grève. Il semble que la Cour suprême aurait retourné cela. Par miracle pour moi, le document s’est retrouvé au ministère des finances. J’ai demandé au secrétaire général qui est là aujourd’hui… (Je crois que ceci s’est passé avec les anciens secrétaires généraux que j’ai nommés).

Si la Cour suprême retourne, le secrétariat général envoie certainement la copie au ministère qui a initié le projet de document. Donc, au ministère des finances, les gens auraient supprimé le droit de grève. Ils l’auraient remplacé par interdiction de droit de grève. C’est bien après que j’ai vu le document. Plus exactement, c’est pendant leur grève que j’ai su qu’ils avaient un document de ce genre. Finalement, le document n’est pas encore parti au parlement puisque le ministère des finances n’a pas retourné le document au secrétariat général. J’ai demandé au secrétariat général de fouiller et de me retrouver le document. A ce jour, impossible. Ceci dit, pendant que nous sommes en train de faire tout cela, ils disent  » le président a fait ceci, il a dit cela  » et on se lance dans des grèves. On met tout un peuple dans la souffrance et on sait que c’est la seule source de financement. Si vous avez la chance d’accéder, d’avoir la responsabilité dans votre vie, de collecter les fonds, les ressources pour la République, pourquoi voulez-vous croire que vous êtes au dessus de tout le monde. Au point de demander au chef suprême des armées qu’est le président (c’est moi aujourd’hui) de présenter des excuses publiques. Où est le respect des institutions ? Mais, ils sont gonflés ! Je suis l’élu légitime du pays. De tout le pays. Tous les Béninois ont voté. Il y en a qui ont voté. Il y en a qui ont voté contre moi comme il y en a qui ont voté pour moi. Mais, je prie pour tout le monde et je dois travailler pour tout le monde. Mais, je ne peux pas me rabaisser à ce niveau. A quel titre je dois présenter les excuses publiques avant de commencer le travail ? Si je dis que vous n’êtes pas performants, à vous de venir me voir. Notre cher papa ou M. le président, franchement parlant, depuis un certain temps, vous avez dit ceci, vous avez dit cela, voici comment les choses se passent. Calmement. Nous sommes dans une situation où la Nation est en train de disparaître. Il vaut mieux l’Assemblée nationale prenne une loi interdisant le droit de grève à tous les paramilitaires. Pourquoi ? Parce qu’ils ont le paquetage républicain. Ils ont les galons, le kaki et les armes s’ils sont en services publics commandés. C’est vrai qu’en contrepartie, ils doivent avoir la protection. Vu sous cet angle, la République doit prendre des mesures pour les protéger. Ce qui est vrai. Mais au même moment, ils ne peuvent pas aller en grève à tout bout de champ. Ils n’ont plus droit à la grève. Une fois que cette décision est prise, il faut regrouper la douane, la police, les eaux et forêts pour se retrouver à l’état major avec les militaires, leurs frères pour voir comment harmonier les statuts. Nos députés, ils ne créent pas les richesses.

C’est l’Exécutif. Il y a séparation des pouvoirs. Donc, ils vont proposer des statuts harmonisés, les remettre à l’Exécutif et nous allons les retourner au parlement pour voter la loi parce que ceci relève du domaine de la loi.

J’ai réuni les états-majors. Tous les généraux que compte notre pays. Appelez-les. Les bureaux des syndicats, les directions générales des paramilitaires. Dites-leur que les histoires de grèves intempestives, le Bénin ne s’en sortira jamais. Si Yayi Boni a fait quelque chose, il y a une manière de l’exprimer. Ce qu’ils sont en train de faire, ce n’est pas contre Yayi seul. C’est contre tout un peuple. Je ne suis attaché à rien. S’ils croient que c’est à force de faire la grève qu’ils vont fait partir Yayi Boni (pour faire venir ceux pour qui ont a cotiser, mais Dieu n’a pas écouté ça). Chacun a son candidat. Si votre candidat n’est pas passé, n’embêtez pas celui qui est là. C’est la loi de la majorité, si on est démocrate. Nous allons voir jusqu’où ça va nous conduire, cette crise là. Prenez la Constitution, le domaine de grève relève du parlement.

C’est écrit noir sur blanc dans notre Constitution. Mieux, nous avons ratifié cette convention du Bit qui est au-dessus de nos lois républicaines. C’est bien écrit noir sur blanc. Enlever le droit de grève aux douaniers et consorts, n’est pas une atteinte aux libertés syndicales. C’est de la Suisse que le Bit m’a envoyé les documents. Qu’est-ce qui se passe ? Pourquoi tout le temps les douaniers vont en grève ? La décision a été prise. Vous avez vu les résultats, la loi de la majorité. J’ai prêté serment sur la Constitution. Et bien, j’ai demandé la conformité de cette loi avec notre Constitution. Si la Cour constitutionnelle dit non, ce n’est pas conforme, je me plie. Mais si la Cour constitutionnelle confirme la conformité avec notre Constitution, la loi sera promulguée. Une fois que c’est promulgué, je vous le dis mes chers compatriotes, je ne veux pas tuer le Bénin, je ne suis pas là pour ça, ma mission n’est pas à ce niveau là, et bien, celui qui va violer cette loi sera radié purement et simplement de la fonction publique. C’est ce que dit la loi de la République. Il n’y a rien à faire, il sera radié. On peut aller chercher du renfort, le ministère des finances, de ceci, de cela, on peut tout faire. Celui qui va violer cette loi sera radié de la fonction publique. Nous sommes neuf millions de Béninois. Il y a plus de 50% de jeunes qui cherchent du travail aujourd’hui. Lorsque j’ai institué le service militaire, ils sont aujourd’hui 6000. Parmi eux, il y a des douaniers qui sont formés. Comme il y a vous-mêmes. En vous regardant, on dirait que vous êtes encore au biberon. C’est le sentiment qui m’anime. Vous êtes tous jeunes. Ça m’interpelle. Depuis un certain temps, je dis bien la question de départ à la retraite, nous devons revoir tout ça là dans sa globalité. Car, vous allez à la retraite à une période de fine fleur. Vous avez la capacité et l’expérience de servir la République. Nous allons revoir tout cela. C’est pourquoi j’ai demandé que vous veniez prêter appui à la République. Je ne comprends pas le sens des grèves intempestives à la douane. C’est la seule source de financement de notre République et si les politiciens leur disent, faites la grève pour le faire tomber, ils se trompent. Il faut leur dire de faire demi-tour. Ce n’est pas la voie à suivre. Ce qui est bien, c’est ce qui est bien pour tous les Béninois sans exclusive. Pour moi, vous ne pouvez pas chercher à tuer une mouche avec un marteau. Si vos doigts se baladent là, vous allez les écraser. C’est bien cela. On vous a fait appel parce que nous voulons avoir une vision à moyen et long terme. A partir de lundi, en tout cas, je n’attends que la réaction de la Cour constitutionnelle, je n’attends que cela. Si la Cour me dit que cette proposition de loi est conforme à notre Constitution, et bien, elle sera immédiatement promulguée. Et dès qu’elle est promulguée, elle a force de loi sur toute l’étendue du territoire national et celui qui va la violer, force restera à la loi. La personne sera sanctionnée. C’est dans cette perspective, puisqu’il y en a qui sont décidés, qui ne veulent pas me voir, parce que c’est moi qui a été élu avec la grâce de Dieu et la bénédiction de Dieu tout puissant. En attendant que leur candidat soit élu en 2016, ils ont intérêt à reprendre le travail. C’est de la pure politique. Si vous voyez les statuts, ils veulent avoir tous les avantages que les militaires. Aller à la retraite à 60 ans, 35 ans d’activités et en même temps avoir les avantages des civils donc le droit de grève. Ils veulent avoir le beurre et l’argent du beurre. Voilà leur problème. Il y a parmi eux mes petits fils. Il y en a qui vont à la télévision et m’attaquent. Ils n’ont même pas l’âge de mes enfants et ils m’attaquent. Il y a un problème d’éducation de base qui se pose. Alors, j’ai demandé que mes conseillers vous fassent appel. Si je reçois la décision de la Cour constitutionnelle aujourd’hui, et bien, vous allez travailler avec eux. La République vous fait appel. Vous êtes en réserve à tout moment pour servir la République. Ne laissez pas tomber la République. Les neuf millions de Béninois ne peuvent pas être président au même moment. C’est à tour de rôle comme l’a dit l’autre. Pourquoi on ne peut pas avoir la paix dans le pays ? Pourquoi ? On n’a qu’à aller chercher le ministère des finances, tous les ministères, nous allons voir comment ça va se terminer dans ce pays parce que je ne sais plus comment faire. Celui qui oppose la violence recevra la violence. Il n’y a rien à faire. Trop, c’est trop. Je ne vois pas un pays qui gagne s’il ne fait pas appel à sa fermeté. Nous irons à la fermeté. Il n’y a rien à faire. Je suis décidé. On ira à la fermeté.

Celui qui veut semer le désordre dans ce pays… Vous allez vous inscrire et vous m’écoutez à tout moment. Si la loi qui me revient, on me dit que c’est constitutionnel. Et bien, c’est terminé. Celui qui fait la grève sera radié purement et simplement de la fonction publique et rien ne se passera dans ce pays. Voilà le message que je tenais à vous dire. Je vais vous laisser avec les conseillers. Il n’y a aucune question. J’ai d’autres engagements. Si vous avez des questions, vous pouvez les poser aux conseillers. Je vous ai appelé si vous êtes d’accord, vous donnez vos noms et si vous n’êtes pas d’accord, vous partez. Voilà ce que je tenais à vous dire. Cette question, c’est la vie ou la mort. La patrie ou la mort. La maison Bénin ne chavira jamais. Il n’y a rien à faire. Tant que je serai là. »

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