Boulevard du cinquantenaire à Porto Novo : «Rue Princesse», «Rue Tout Est Permis», » Rue de la Dépravation»

Depuis peu, la ville de Porto-Novo, la Capitale du Bénin traverse une autre étape de son histoire. Le nouveau est né;  celui-ci se vit sur le boulevard quittant la devanture du Centre internationale de rencontre de la jeunesse francophone communément appelé Piscine municipale au carrefour Kpétoukpinmèdé à la limite territoriale entre la ville de Porto-Novo et Adjarra. Sur ce tronçon bitumé, l’ambiance de la kyrielle de buvettes rime avec la fébrilité de leurs clients. De la bière à grand flot, de la musique à gogo, une circulation à haut risque, un marché des filles, bref… une rue de la dépravation. Tout un show à la « Rue princesse » à Abidjan.

L’ambiance à cet endroit de la ville de Porto-Novo ne semble pas baissée malgré la rentrée des classes. Il faut voir les jeunes  en totale état d’ébriété avec des chevelures allègrement appelées « crêtes de coq » sortant  accompagné des filles se diriger vers les chaises des buvettes à eux réserver. A ce au niveau on a droit à l’exposition des motos d’origine asiatique dites « Djènannan » à cela s’ajoute aussi le grand parking des voitures toutes gammes confondues à partir d’une certaine heure. Avec une vitesse endiablée sans aucun respect des règles de la circulation, les convois se succèdent sur le tronçon, en partance de la Discothèque Akango sur le boulevard s’ébranlent vers un autre coin chaud en face de la Piscine municipale appelé « Abidjan show ». A cette destination comme à la première, la bière coule à flot à la manière des jeunes « gayman » pour se conformer à l’appellation de cette race de jeunes cybercriminels qui vivent à un rythme infernal. Des pas de danses s’esquissent parfois couplés sous  le coup des sonorités ivoiriennes du moment ou des chansons classées dans le hit parade béninois. Ainsi se déroule « Porto by nigth » sur le nouveau boulevard qui a acqui son nom du fait de son bitumage dans le cadre de la célébration du cinquantenaire de l’accession du Bénin à l’indépendance et pour lequel il a abrité le défilé. Sur cette rue 4km5, il n’y a de commerce que les bars. Dans ce registre, trois catégories s’affrontent devant une clientèle exclusivement jeune. Il y a les discothèques climatisées, les bars ordinaires et  les « moins cher  » . Près d’une cinquantaine en quittant la Piscine pour la lisière des rails de l’OCBN qui traverse la route à hauteur de Gbodjè. Dans les bars VIP ou discothèques les boissons  sont plus chères témoignant de la classe de ceux qui les fréquentent. Mais là, la pression est à son comble. Sans pudeur tout se passe comme une maison de tolérance. Même les quadragénaires nostalgiques de plus jeunes âgés sont stoïques. Sur la même voie  » Au cavalier », on découvre une autre facette du boulevard: la foire des filles libres ».  Plusieurs défilent  surement à la recherche d’un homme. A deux heures du matin, lorsque certains bars sont en train de fermer, une autre compétition se déclenche: celle de la prise des serveuses de bars. Il faut attendre « sa togolaise ou ivoirienne » afin de l’amener à la maison  ou à une partie de show dans la ville. Les promoteurs de bars impuissants devant cette déferlante laisse faire alors que les propriétaires des maisons aux abords de la voie sont contraints à l’insomnie et baillent à leurs devantures. Cette ambiance folle et nouvelle dans la ville de Porto Novo profitent aux forces de l’ordre surtout les agents de la police qui y passent le plus de leur temps afin de verbaliser les infractions. En bref, Porto-Novo vit d’une autre manière.

Kola Paqui, L’Autre Fraternité

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