Débat sur la révision de la Constitution : Ce que Kamarou Fassassi avait dit

Il y a huit ans, Kamarou Fassassi évoquait la nécessité de réviser la constitution du 11 décembre 1990. Seulement, bien d’aspects qu’il voyait susceptibles d’être revus sont absents dans les discours tenus par les révisionnistes.

Alors qu’il soutenait le Général Mathieu Kérékou, l’ancien ministre de l’Energie, Kamarou Fassassi avait affirmé à Allada le 11 octobre 2003, qu’il était nécessaire de faire le toilettage de la loi fondamentale dans ses aspects qui ont montré leurs limites à l’épreuve des faits. Entre autres préoccupations soulevées, le mandat présidentiel renouvelable une seule fois. Une question qui, selon lui, mérite d’être réexaminée. Sa position pose aujourd’hui problème au regard du discours largement tenu par les inconditionnels de la révision, selon lequel, l’initiative n’entrainera pas la suppression des principes fondamentaux de la conférence nationale. Kamarou Fassassi avait soutenu que cet aspect doit être revu avec réalisme et responsabilité. Il y a huit ans donc, que l’ancien ministre avait montré à quel point, plus de 10 ans après avoir adopté la loi fondamentale, il était opportun de songer à son toilettage. Tout politicien sérieux et soucieux du renforcement de la Constitution béninoise doit aller dans le même sens que lui, avait-t-il indiqué dans une déclaration sanctionnant le 3ème Conseil national du Parti du réveil des démocrates de la Nouvelle génération (Prd-Ng) tenu à l’époque à Allada. Aujourd’hui totalement en retrait de la scène politique, il n’est pas en phase avec les positions de l’ensemble des acteurs politiques et de l’opinion nationale, qui, tout en étant très divisés sur l’opportunité ou non de réviser la Constitution s’accordent tout au moins sur quelques points. Il s’agit entre autres de ne pas réviser la question relative à la limitation de mandats, qui est de deux. Qu’en dit aujourd’hui Kamarou Fassassi ? Apparu lors de la dernière présidentielle aux côtés du candidat Abdoulaye Bio Tchané, cet ancien compagnon de Me Adrien Houngbédji, est depuis lors condamné au silence. Beaucoup auraient préféré l’entendre sur le même sujet qui, pourtant agite la classe politique. La question est sérieuse et mérite des débats d’idées. A ce titre Kamarou Fassassi, si sa position n’a pas varié, serait une voix tout de même discordante au sein de la classe politique, étant entendu que l’ensemble écarte de l’initiative de la révision, l’aspect du nombre de mandat, la limitation d’âge, la durée du mandat, considérés comme des «intouchables» de la foi fondamentale. Il y a certes des divergences graves, de même que des opinions contradictoires sur le projet, mais depuis que le débat a refait surface, aucune voix n’a pu s’exprimer en faveur d’une amélioration des articles évoquant les principes fondamentaux. A la même occasion, l’ancien ministre de l’Energie a ouvert la brèche en ce qui concerne l’article 44 de la Constitution, relatif aux conditions d’éligibilité aux fonctions de Président de la République. Il soutient que cette disposition mérite d’être revue. Aujourd’hui personne ne défend publiquement cette position. En revanche, Kamarou Fassassi avait envisagé la création de la Cour des comptes, qui n’est pas possible sans avoir touché la Constitution. Huit ans après, les faits lui donnent raison. C’est une question sur laquelle, presque tout le monde s’accorde, à commencer par le gouvernement.

FN, in Quotidien Le Matinal

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