Faux frais dans les établissements publics : Les bureaux d’Ape au cœur de la magouille

En cette rentrée scolaire 2011- 2012, outre la contribution scolaire dans les établissements publics dont le montant est fixé par l’autorité dans tous les départements du Bénin, les parents doivent faire face à d’autres frais qui s’ajoutent à cette contribution de leurs enfants. Le montant de ces frais extra est variable d’un établissement à un autre et est fixé par les chefs d’établissements avec la complicité des membres des associations des parents d’élèves.

Impossible à un parent d’élèves aujourd’hui de s’appuyer sur l’arrêté ministériel qui fixe le montant des contributions dans les établissements publics pour demander à inscrire son enfant dans les établissements secondaires publics au Bénin. Outre le montant de la contribution qui est connu de tous, les parents doivent faire face à d’autres frais dont le montant varie d’un établissement à un autre. Il s’agit d’un système qui consiste à demander aux parents de payer en plus de la contribution scolaire une souscription, un droit d’inscription et de réinscription, les frais des formations en informatique, et la participation pour la réfection de l’établissement.

Cette façon d’imposer des frais extra à payer par les parents amène l’observateur à demander si les membres des associations des parents d’élèves sont -ils responsables du malheur des autres parents qu’ils représentent dans les établissements publics ? Seul malin peut répondre à cette interrogation. En effet, pour permettre aux parents d’élèves de s’impliquer directement ou indirectement et voir clairement dans la gestion des établissements publics, l’autorité a permis aux parents de se constituer en association dont responsables seront aux cotés de l’administration des établissements pour la gestion et défendre les intérêts des parents d’élèves. Hélas ! le constat aujourd’hui est désolant, certains chefs  d’établissements publics se sont associés avec les représentants de l’association des parents d’élèves pour créer des faux frais qui sont devenus aujourd’hui insupportables aux parents.

Au collège d’enseignement général Application de Porto-Novo par exemple, en plus de la contribution scolaire qui s’élève à 9.000f CFA, tous parents qui veulent inscrire son enfant doit payer 32.800f pour participation aux infrastructures, 1500f pour tee-shirt, 300f pour l’Union des associations sportives de l’enseignement secondaire, 1000f pour le livret de scolarité, 200f pour l’association des parents d’élèves. Dans ce collège les anciens élèves payent 7.800f pour participation aux infrastructures. Au CEG Akpassa et Djègan-Kpèvi la participation des élèves aux infrastructures varie entre 22.600f et 30.400f CFA. Dans les collèges de Cotonou Abomey Avrankou et Parakou c’est la catastrophe. Au CEG Djègan-Kpèvi dans la ville de Porto-Novo cette année, la rentrée scolaire a permis la création d’une nouvelle activité commerciale, ou voir devant l’administration du collège des vendeurs de paniers, de houes, de balais et de râteaux, qui servent les parents aussitôt après leur sortie des négociations avec le Directeur. Approchés plusieurs chefs d’établissements ont reconnu la perception de ces faux frais qui permettent de réaliser des modules des salles de classes, la réfection des bâtiments et la réalisation des besoins de l’établissement à savoir les mobiliers. Par ailleurs ces chefs d’établissements ont déclaré que c’est avec l’accord des parents de l’association des parents d’élèves que les différents frais sont fixés. Certains chefs d’établissements ont même dit que c’est sur autorisation des autorités qu’ils appliquent ces frais. Sur ces déclarations on peut se demander quel rôle jouent, les membres de l’APE qui normalement devraient travailler dans l’intérêt des parents qu’ils représentent; mais ont constate qu’aujourd’hui l’association des parents d’élèves est devenue le malheur des parents. Car toute proposition qui est validée par cette association s’impose aux parents.

La nouveauté dans la création des faux frais dans les établissements publics cette année, est le partenariat que certains établissements ont signé avec une ONG qui réclame 125f CFA par mois et par élève pour badigeonner les salles de classes ceci avec l’accord des membres de l’association des parents d’élèves. Le constat malheureusement aujourd’hui est que les associations des parents d’élèves, au lieu de chercher à défendre les parents, ces derniers se contentent de la somme des 200f CFA de leur association qu’ils perçoivent en espèce et la gestion des chantiers. La souffrance des parents qu’ils représentent et à qui on réclame des frais impossibles ne fait pas leur souci. Même les collèges où on ne construit plus des salles de classes, les membres de l’APE autorisent la perception des frais de participation aux infrastructures. Il ne peut en être autrement, puisque pour la plus part de ceux qui sont membres de l’APE n’ont plus leurs enfants dans ces collèges et même si leurs enfants sont là, ils bénéficient des conditions spéciales, comme c’est le cas au lycée Béhanzin où les enfants des membres de l’association des parents d’élèves payent la contribution comme s’ils étaient fils d’enseignants.

Cosme Kèke, Quotidien Adjinakou

Cosme Kèkè
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