Présidentielle 2016 : La stratégie Nago pour prendre de vitesse Koupaki

Une bataille politique sous marine est en cours au sein de la majorité présidentielle entre Pascal Iréné Koupaki et Mathurin Coffi Nago autour de la succession de Boni Yayi en 2016. Et le chef du législatif ne manque pas de manèges pour prendre de vitesse le premier ministre de Boni Yayi considéré par d’aucuns le dauphin naturel.

La succession n’est pas officiellement ouverte mais la guerre de succession fait déjà rage au sein des clans de la majorité présidentielle. Mais le duel politique le plus explosif reste celui qui met aux prises à distance Mathurin Coffi Nago et Pascal Iréné Koupaki. En fait, le Président de l’Assemblée Nationale, Mathurin Coffi Nago, bat des pieds et des mains pour évincer « le dauphin naturel » Pascal Iréné Koupaki. Et pour ce faire, les stratagèmes ne manquent pas au chef du législatif béninois. Le premier coup réussi de Nago, c’est d’être parvenu à court-cuiter  le clan politique de Pascal Iréné Koupaki au moment des législatives de 2011. Mathurin Coffi Nago a mis en place une stratégie de lobbying auprès du Chef de l’Etat afin d’imposer la liste Force cauris pour un Bénin Emergent (FCBE) comme la seule liste fiable de soutien à Boni Yayi. Cette manœuvre a permis de dérouter la liste Alliance nouveau courage (ANC) confectionnée en son temps par des proches de Koupaki. Sur ce tableau politique, le Président de l’Assemblée Nationale a gagné sur deux plans : la reconquête du perchoir et le renforcement de ses relations avec les leaders des partis membres de la FCBE. La preuve en est qu’au cours des rencontres de la FCBE, Mathurin Coffi Nago se retrouve comme la seule figure emblématique de ce groupe politique susceptible de prétendre à la succession de Boni Yayi. Ce qui lui donne politiquement des galons devant son challenger Koupaki.

Pendant que Mathurin Coffi Nago pousse intelligemment ses pions pour hériter du label politique FCBE, Pascal Iréné Koupaki est timoré. Il se confine à un intellectualisme classique  béant au sein du gouvernement. L’ex-directeur de cabinet d’Alassane Dramane Ouattara se contente de se bâtir la réputation de « laboratoire » de l’action gouvernementale sous Boni Yayi. Comme si sa technocratie et sa maîtrise des rouages financiers internationaux lui sont suffisantes pour gagner la bataille du « dauphinat », Pascal Iréné Koupaki est vautré sur des lauriers posés sur une braise. En tout cas, Mathurin Coffi Nago lui continue de se tisser la toile dont la finalité est de dynamiter politiquement l’actuel premier ministre du Président Boni Yayi.

Il y a toutefois lieu de se demander quelle est la position de « l’intrus qui connait la maison » dans ce duel politique sous-marin de plus en plus explosif entre Nago et Koupaki à mesure que les jours s’égrènent vers 2016. De toutes les façons, la majorité présidentielle se polarise et bien malin qui peut pronostiquer sur l’ordre d’arrivée des chevaux surtout que bien d’autres candidats à la succession ne manquent pas dans l’entourage du Chef de l’Etat.

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