Yayi Boni menace de quitter la Cedeao : La Commission de la CEDEAO attend toujours son président

ABUJA (© 2011 Afriquinfos) – Réunis en conclave ce mardi avec pour objectif de désigner le président de l’exécutif de l’organisation régionale, les chefs d’Etat ouest-africains sont repartis bredouilles d’Abuja. Afriquinfos dévoile les dessous de cet échec diplomatique.

Ils étaient pourtant sept, du Béninois Yayi Boni au Sénégalais Abdoulaye Wade en passant par le Guinéen Alpha Condé, à avoir répondu favorablement à l’invitation du président en exercice de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), le Nigérian Goodluck Jonathan. Mais, au terme de quatre heures d’un huis clos animé, la réunion a accouché d’une souris et chacun a regagné ses pénates, à commencer par la Libérienne Ellen Johnson Sirleaf, Prix Nobel de la paix 2011, qui a fait le déplacement alors même qu’elle est en campagne électorale et doit affronter l’opposant Winston Tubman dans un second tour du scrutin, le 8 novembre.

Le thème inscrit à l’ordre du jour était pourtant d’importance : désigner le remplaçant du Ghanéen James Victor Gbeho, dont le mandat est venu à terme. Deux pays briguent la succession, chacun avec des arguments qui ne manquent pas de poids : le Bénin et le Burkina Faso. « En 2006, le Burkina Faso avait volontairement cédé la place au Ghana, raconte à Afriquinfos un des chefs d’Etat présents à Abuja. Par la suite, lors d’un autre sommet à Freetown, en Sierra Leone, il a été décidé, à l’avenir, d’attribuer le poste de président de la Commission par ordre alphabétique, d’où la revendication du Bénin. »

Lors des vifs débats, d’où ont été exclus les ministres des Affaires étrangères, chacun y est allé de son couplet. « Le Burkina Faso a passé son tour, il faut donc qu’il le lui soit restitué », a tenté de plaider un chef d’Etat sahélien au nom du président burkinabè Blaise Compaoré, grand absent du sommet. « Vous n’aimez pas le Bénin dans cette organisation. Si c’est comme ça, il ne me reste plus qu’à m’en aller », a réagi le Béninois Yayi Boni. « Si l’on opte pour l’ordre alphabétique, mon pays, le Sénégal, devra attendre longtemps avant de présider la Commission », souligne Abdoulaye Wade. « Nous n’allons tout de même pas partir d’ici sans désigner le président de la Commission, ce serait grave », lance, pour sa part, le Guinéen Alpha Condé.

« Nous avons discuté quatre heures d’affilée pour rien, poursuit le chef d’Etat précité, qui requiert l’anonymat. Nous en avons même oublié de déjeuner. »

Selon nos informations, le président béninois a promis le poste à deux de ses compatriotes, tout en gardant la possibilité de trancher au dernier moment, lorsqu’il aura été acquis qu’il revenait de droit à son pays : l’ancien ministre des Affaires étrangères Jean-Marie Ehouzou et l’actuel ambassadeur du Bénin en Chine, Jean-Claude Sedozan Apithy. En 2010, le Burkina Faso avait, pour sa part, présenté la candidature d’un ancien Premier ministre, Désiré Kadré Ouédraogo.

Par Francis Kpatindé, pour Afriquinfos

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