Recours à des experts étrangers pour réécrire la Constitution : La fausse colère du Professeur Ahanhanzo Glèle

Le Professeur Maurice Ahanhanzo Glèlè est fâché. Il n’est pas d’accord que le pouvoir Exécutif fasse recours à des experts internationaux pour réécrire la Constitution du Bénin. Pour lui, c’est un manque de considération aux Béninois et plus singulièrement aux universitaires. Par médias interposés, il s’en est d’ailleurs offusqué. Mais hélas, le Prof a-t-il vraiment des raisons de se fâcher lorsqu’on sait que nos universitaires ont démissionné ?

Dans une interview accordée à nos confrères de Radio Immaculée Conception le 25 août 2011 et reprise par nos confrères de la Nouvelle Tribune dans leur livraison du mardi 18 octobre 2011, le Professeur Maurice Ahanhanzo Glèlè, l’un des pères fondateurs de la Constitution béninoise du 11 décembre 1990, s’est insurgé contre les libertés que se donne le Président de la République, le Dr Boni Yayi au sujet de la révision de cette Constitution qui constitue d’ailleurs pour lui l’une des principales réformes inscrites dans son programme de refondation de la République. Pour le constitutionnaliste Maurice Ahanhanzo Glèlè, le recours à des experts étrangers pour réviser la Constitution béninoise du 11 décembre 1990 est un mépris et un manque de respect pour les populations béninoises. «Aucun expert étranger ne connaît nos problèmes aussi bien que nous-mêmes…Nous sommes un pays de culture. Alors, pourquoi nos dirigeants ont-ils la faiblesse de recourir aux experts internationaux dans ce domaine ? Allez à l’université, il y a des gens valables. Il faut que ce soient les Béninois qui s’occupent de leurs institutions», s’est insurgé le Professeur Maurice Ahanhanzo Glèlè. Cette colère du Professeur n’a pas manqué de susciter des réactions, surtout sur la toile. Pour certains internautes, la colère du Professeur Ahanhanzo n’est qu’une fausse colère qui vient à contre temps. Pour ces internautes, le Professeur Ahanhanzo Glèlè a-t-il vraiment des raisons de défendre les universitaires béninois qui, pour la plupart, ont montré au Président Boni Yayi ce qu’ils valent véritablement. «Prof Ahanhanzo, ne voyez-vous pas que c’est une chance pour les Béninois épris de paix et de justice, qu’à la demande d’experts, vous vous mettez à crier ? Combien êtes-vous à écrire cette Constitution ? Où se trouve le Prof Holo ? Me Abraham Zinzindohoué. Vous voilà, vos frères cadres, roi et récemment le maire Blaise Ahanhanzo-Glèlè. Et vous de l’ombre, qu’aviez-vous fait pour empêcher l’imposture ? Dans cette ignominie du K.O du siècle (…) et vous voulez dire quoi aujourd’hui. Nous avons vu comment vos rois recevaient les différents candidats. Alors, laissez-moi vous dire que je suis désolé de votre colère», a écrit un internaute qui réagissait ainsi à la colère du Professeur. Face à la démission de nos universitaires qui ne peuvent pas résister un peu à la faim, que pense-t-on vraiment que le Chef de l’Etat peut faire ? Rien si ce n’est pas se tourner vers des compétences extérieures. Même si ce n’est pas une bonne chose à encourager. Les universitaires béninois à l’exception d’une petite poignée dont fait partie Me Joseph Djogbénou, Professeur Agrégé en droit privé et célèbre avocat, ont déçu. Yayi les connaît et sait qu’il ne peut rien tirer d’eux si ce n’est pas pour les utiliser contre le peuple souffrant. La dérive que connaît notre pays est la faute des universitaires qui ont mis malheureusement leur savoir au service de l’imposture. Il faut oser le dire tout haut. A une certaine période de l’histoire de notre pays, ce sont les universitaires qui étaient à l’avant-garde de toutes les révolutions qui ont permis aux Béninois d’arracher certaines libertés. Aussi curieux que cela puisse paraître aujourd’hui, ce sont ces mêmes universitaires qui se réclament de l’Uged, de la Féanf et de ces regroupements d’alors qui oeuvrent à restreindre les libertés individuelles acquises au prix de hautes luttes par les laborieuses populations. Ils sont dans toutes les institutions de la République qui ont légitimé le récent K.O. Que veut alors défendre le Professeur Maurice Ahanhanzo Glèlè dont le groupe avait gardé un inquiétant mutisme au moment où il y avait de grandes manoeuvres autour des résultats déposés dans le cadre de la relecture de la révision de la Constitution ? Rien si ce n’est que du vent. «On est venu chercher le juif, tu as dit que tu n’étais pas juif. On est venu chercher le Français, tu as dit que tu n’étais pas Français. Maintenant qu’on est venu te chercher, il n’y a malheureusement personne pour te sauver». Ainsi va donc la vie.

Affissou Anonrin, in La Presse du Jour

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