Visite officielle du président Yayi en France : Bako-Arifari explique les raisons du report

Le chef de la diplomatie béninoise a démenti les rumeurs entretenues sur l’ajournement de la visite d’Etat du président de la République en France au cours d’une rencontre avec les professionnels des médias vendredi 21 octobre 2011 au Ministère des Affaires étrangères. Nassirou Bako-Arifari avait également abordé d’autres questions touchant à la politique extérieure du Bénin.

Les relations bénino-françaises sont excellentes, selon les propos du ministre des Affaires étrangères. Les commentaires colportés par certaines langues sur ces liens seraient de pures inventions. En tout cas, Nassirou Bako-Arifari s’est montré très ferme sur la question, vendredi dernier. A l’entendre, le report de la visite d’Etat que le président Yayi Boni devrait effectuer ce lundi 24 octobre 2011 dans l’Hexagone est lié au développement de l’actualité libyenne, en l’occurrence la mort du Colonel Mouammar Kadhafi. La disparition de l’ancien Guide devant donner une autre tournure à la crise et la France prenant une part active au conflit, a expliqué le ministre, les deux Etats ont convenu de décaler la visite. Des éclaircissements qui devraient dissiper les craintes des Béninois par rapport aux rapports existant entre l’Elysée et la Marina. Sur la situation en Libye, il a montré que la reconnaissance du Conseil national de transition (Cnt) par le Bénin a été un acte mûri, bien analysé en communion avec l’Union africaine. « Le Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine a longuement travaillé pour le retour de la paix dans le pays du feu Guide, mais en vain. Ce fut alors le 26 août qu’il a officiellement demandé aux Etats membres d’affirmer leur position chacun et de façon indépendante », a affirmé le ministre Nassirou Bako-Arifari. Au sujet de l’avenir de la Cen-Sad créée en 1998 à Tripoli, il a indiqué qu’il revient aux Etats membres de décider de sa pérennisation ou non. Le chef de la diplomatie béninoise s’est aussi prononcé sur la bataille engagée pour le contrôle de la présidence de la Commission de la Communauté des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao). Pour lui, « le litige est né du fait que le Burkina-Faso ne veut pas se conformer aux textes et même aux critères d’éligibilité qui positionnent le Bénin comme le réel et légitime joker pour occuper le fauteuil ». Il a précisé que le Bénin respecte les critères définis par l’institution communautaire à cet effet. Mieux, il ne dirige plus la Banque d’investissement et de développement de la Cedeao (Bidc) depuis le départ de Christian Adovèlandé, alors que le Burkina-Faso garde toujours le poste de vice-président de la Commission de la Cedeao. Le ministre s’est étonné de la position du Burkina-Faso et a rappelé que le président Goodluck Jonathan, président en exercice de la Cedeao a été mandaté pour trouver une solution négociée entre les deux Etats au plus tard le mois de décembre prochain. La recrudescence des actes de piraterie dans le Golfe de Guinée n’a pas été occultée au cours de la rencontre. En effet, Nassirou Bako-Arifari a reconnu les efforts consentis par le Bénin ainsi que les patrouilles conjointes initiées par le Bénin et le Nigeria pour contenir le mal. Quant à la lutte globale contre le phénomène dans les eaux ouest-africaines, il a indiqué que le Bénin et ses voisins ont officiellement saisi le Conseil de sécurité des Nations Unies.

« Une diplomatie… axée sur la recherche de financements »

La diplomatie béninoise reste confrontée à certaines difficultés. Le ministre l’a d’ailleurs souligné en évoquant des questions de déviances morales ayant conduit des diplomates béninois à avoir des démêlés avec les justices marocaine et japonaise. « Des dispositions sont en train d’être prises pour corriger cet état de choses », a-t-il fait savoir. Nonobstant ces problèmes, le Professeur Nassirou Bako-Arifari a fait remarquer que la diplomatie béninoise est créditée d’une bonne visibilité et réputation à l’échelle internationale. « Nous ne sommes pas dans une diplomatie de puissance, mais une diplomatie de développement axée sur la recherche des financements pour conduire à bien les réformes internes pour la construction d’une nation prospère », a-t-il martelé. Il a pour finir déclaré que le Bénin a mis au cœur de sa diplomatie « la médiation », un choix politique ferme qui apparaît comme un véritable outil de développement diplomatique.

Allégresse Sassé, Quotidien Le Matinal

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