Deuxième session ordinaire de l’année 2011 au Parlement : Les députés sous la menace des syndicats

Certains dossiers inscrits à l’ordre du jour de la deuxième session ordinaire de l’Assemblée nationale qui s’est ouverte officiellement hier, suscitent déjà des réactions. Des organisations syndicales estimant que des initiatives de loi restreignent les libertés syndicales, menacent de manifester leur opposition.

Les élus de la 6ème législature pourraient avoir maille à partir avec les organisations syndicales dans les tout prochains jours. Celles-ci craignent pour le vote prochain de certains textes de loi pouvant limiter leur espace d’actions. En effet, l’un des points inscrits à l’ordre du jour de la deuxième session ordinaire du Parlement porterait atteinte aux libertés syndicales. Et les conditions ayant caractérisé l’adoption par le Parlement de certaines lois récemment étant critiquables, elles ont tôt fait de vicier l’atmosphère social. Les syndicalistes accordent par ailleurs moins de crédit à la majorité parlementaire proche du gouvernement dont la propension à restreindre les libertés syndicales se confirme de jour en jour. Des facteurs qui ont favorisé la cristallisation des attentions autour des prochaines réunions du Parlement qui enregistreront entre autres, l’examen du projet de loi portant exercice du droit de grève en République. Cet arsenal juridique, encore à l’étape de projet, qui porte sur des dispositions corsant les conditions d’exercice d’un droit reconnu par la Constitution, indigne de nombreux de travailleurs au point de provoquer déjà une levée de boucliers de la Fédération des syndicats des travailleurs de l’administration des Finances Fesyntra-Finances). Le numéro 1 de ce syndicat, Laurent Mètognon qui a vu son mandat renouvelé le 26 octobre dernier s’est en tout cas montré très menaçant. « La Fesyntra-Finances défendra les libertés syndicales contre toutes les attaques d’où qu’elles viennent », a-t-il martelé. La Confédération syndicale des travailleurs du Bénin (Cstb) n’a pas baissé elle aussi la garde. De ce côté, on met en garde contre toute remise en cause des droits acquis obtenus après des luttes infernales. Les partenaires ne démordent pas mais les députés de la majorité parlementaire veulent aussi bien continuer à soutenir vaille que vaille toutes les entreprises de l’Exécutif. Si certains députés confient être véritablement mobilisés pour assainir le milieu syndical à n’importe quel prix, les travailleurs n’entendent pas se faire arracher leur droit aussi facilement. Et voyant la position tranchée des deux camps, c’est peut-être vers une nouvelle crise sociale généralisée qu’on s’achemine au Bénin.

AS

Publié par Le Matinal, le 28.10.2011

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