Poursuite contre 4 anciens ministres : Yayi Boni revient à la charge

Les anciens ministres Armand Zinzindohoué, Soulé Mana Lawani, Kamarou Fassassi et Rogatien Biaou vont-ils enfin comparaitre devant la Haute Cour de Justice (HJC) ? Tout dépendra une fois encore de la volonté des députés à l’Assemblée nationale, mais le dossier sera de nouveau abordé au cours de la session ordinaire qui s’ouvre ce 27 octobre 2011.

Le président Yayi Boni avait saisi, courant 2010, le Parlement afin que celui-ci autorise la comparution devant la HCJ de deux de ses propres ministres et de deux anciens membres du dernier gouvernement du général Mathieu Kérékou pour qu’ils répondent de certains actes de corruption et de malversations financières dont ils étaient soupçonnés. L’opposition, alors majoritaire à l’Assemblée nationale, avait tout simplement rejeté cette demande, et récupéré les mis en cause, qui avaient alors commencé à publier des mémorandums pour contre-attaquer.

Depuis, le Parlement a été renouvelé et le président Yayi Boni bénéficie désormais de la majorité des 2/3 de députés nécessaires pour envoyer les ministres soupçonnés de délinquance devant la justice. Sauf revirement de dernière heure, le dossier devrait donc enfin aboutir.

Divers faits sont reprochés aux mis en cause. L’ancien tout-puissant ministre de l’Intérieur Armand Zinzindohoué est soupçonné d’avoir accordé des facilités à ICC-Services, un groupe d’individus qui a organisé un système d’épargne grâce auquel des centaines de milliers de personnes ont été dépossédées de leurs économies. A Soulé Mana Lawani, ministre des Finances, il est reproché d’avoir mal géré les fonds destinés à la réalisation des infrastructures prévues pour abriter les invités du 10e sommet des Etats sahélo-sahéliens, fonds mis à la disposition du Bénin par le guide libyen Mouammar Kadhafi.

Les deux autres ministres qui font l’objet de poursuites ont servi sous l’ancien président, le général Mathieu Kérékou. Il s’agit de Kamarou Fassassi à qui Yayi Boni demande des comptes sur la gestion de la Société béninoise d’énergie électrique (Sbee), et de Rogatien Biaou qui aurait participé à la vente frauduleuse des propriétés immobilières du Bénin à Washington DC et à New York aux Etats-Unis.

Les députés suivront-ils cette fois le chef de l’Etat? Rien n’est certain car la question de la lutte contre la corruption dont il fait un point d’honneur n’est pas perçue de la même manière par l’ensemble des députés aujourd’hui membres de la mouvance présidentielle. Certains sont d’anciens ministres qui ont géré des dossiers sensibles et qui craignent de créer un précédent dont le président Yayi Boni pourrait se servir pour leur faire répondre devant la justice. Par ailleurs, l’ancien ministre Zinzindohoué a fait allégeance à la Renaissance du Bénin, dont le vote est indispensable au moment de la prise de décision. Ceux-ci voudront-ils lâcher un des leurs qui, certes, n’a rejoint leurs rangs que pour être protégé ?

Pierre Matchoudo
Publié sur beninactu.com, le 27.10.2011

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