Gestion de la crise du placement illégal d’argent : Icc-Services moins engagée à coopérer

La crise du placement illégal d’argent est loin de connaître son épilogue. Le Comité de suivi de la gestion de l’affaire a en effet situé vendredi 28 octobre 2011 au siège de l’Agence judiciaire du Trésor, les responsabilités des dirigeants des structures de collecte de fonds, surtout ceux d’Icc-Services dans le retard constaté dans le remboursement des épargnants floués.

Les déposants d’Icc-Services devront attendre encore longtemps avant de rentrer en possession de leurs fonds. C’est ce que laissent croire les déclarations de la présidente du Comité de suivi de la gestion de la crise des sociétés illégales de collecte de fonds, Sévérine Lawson. Les promoteurs d’Icc-Services nom de la principale société mise en cause ayant accepté de travailler comme les responsables d’autres sociétés avec le Comité de suivi, observent actuellement des positions qui ne facilitent plus la résolution de la crise selon elle. Icc-Services collaborait parfaitement avec le Comité, a souligné la présidente Sévérine Lawson. Au départ, ils avaient comme avocat, Maître Kato Attita. Ils avaient exigé et obtenu le dégel de leurs comptes et la mainlevée sur certains biens saisis par la justice. Le seul point d’achoppement, a-t-elle confié, était la liste des déposants. Guy Aplogan et ses collaborateurs ont en effet contesté la fiabilité des listes établies par l’Institut national de la statistique et de l’analyse économique (Insae) et demandé à retrouver leurs ordinateurs. Ce qui fut fait, a attesté, la conférencière. Seulement après la vérification qu’ils ont réalisée en présence d’un expert commis par la justice, ils ont préféré garder silence. Pis, ils ont choisi de changer de stratégie. « Coup de tonnerre, le 13 septembre dernier, nous avons reçu Guy Aplogan assisté par un autre avocat, Me Hervé Gbaguidi en lieu et place de Me Kato Attita. Guy Aplogan conteste les travaux du Comité de suivi. Son avocat a soulevé l’illégalité des travaux, la violation de la Constitution… Ils ont observé un revirement spectaculaire », a fait remarquer Sévérine Lawson. C’est un revirement qui marque un arrêt dans le progrès que le dossier connaît selon elle. Non seulement, ils ont opté pour le revirement, mais ils n’ont pas pu établir la liste de leurs déposants afin de démarrer le paiement des fonds illégalement collectés. Des faits qui ont amené la conférencière à soutenir que ce sont plutôt les promoteurs des structures qui retardent le paiement des déposants. En effet, la juge Sévérine Lawson a fait savoir que 457 millions F Cfa sont disponibles dans les comptes gelés d’Icc-Services, 247 millions F Cfa dans les comptes du Trésor au nom du groupe et un peu plus de 500 millions F Cfa ont été récupérés de la vente des véhicules saisis. Il y a donc des fonds pouvant servir au remboursement des petits épargnants, si ce n’est la mauvaise foi des responsables d’Icc-Services, a-t-elle martelé.

« Des arguties pour échapper aux menaces des déposants »

Outre ces promoteurs, les membres du Comité de suivi ont maintenu la pression sur plusieurs autres patrons de structures de placement. N’eut été leur vigilance, certaines personnes impliquées dans le scandale auraient même pu se faire élire députés. Aux dires de la présidente, les responsables de Ntic-Services et de Suram Angel pour ne citer que ces deux structures qui ont accepté au début de coopérer avec le Comité, marquent aujourd’hui le pas. « Certains avaient évoqué des arguties pour échapper aux menaces des déposants. Ils ont obtenu le dégel de leur compte. Mais en définitive, les fonds gelés ne constituaient qu’une infirme partie des fonds spoliés », a affirmé Sévérine Lawson. Elle a ajouté par ailleurs que certains responsables affichent une certaine solidarité en évitant tous de répondre aux appels du Comité et que d’autres ont pu sortir du Bénin (Lire ci-dessous la liste des structures ayant rompu le contact avec le Comité, celles ayant gardé le contact et celles ayant démarré le remboursement des déposants). Et submergé par ces difficultés, le Comité a fait un compte-rendu de l’évolution de la gestion de la crise au Chef de l’Etat, le vendredi 21 octobre 2011. « Frappé par le revirement des responsables d’Icc-Services, le président de la République a recommandé de maintenir la pression. Il nous a proposés d’explorer les recommandations faites par le Fonds monétaire international dans ce dossier », a-t-elle fait savoir. Si la présidente Sévérine Lawson a affirmé son engagement à mettre en œuvre les nouvelles solutions, elle a également informé l’opinion publique de son intention de jeter l’éponge en cas d’échec.

Allégresse Sassé, dans le Quotidien Le Matinal

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