Suspension des primes dans les sociétés et offices d’Etat : La mesure bientôt élargie à l’Administration publique

La dernière décision du gouvernement de suspendre les primes au niveau des sociétés et offices d’Etat continue de susciter remous et mécontentements. Mais les clarifications apportées par certains collaborateurs du Chef de l’Etat ont permis de comprendre que certaines primes sont excessivement ou anarchiquement attribuées aux agents et aux responsables au détriment des caisses de l’Etat. Le pouvoir a donc raison d’arrêter la saignée et la mesure sera bientôt appliquée aux autres structures de l’administration publique.
Déjà, la panique gagne les bénéficiaires à l’approche des fêtes de fin d’année.

La vérité au sujet de la question des primes, est qu’elles ont été pour le moment suspendues et non définitivement supprimées comme se plaisent à propager certaines mauvaises langues. Mais cette suspension, selon le conseiller Fulbert Gero Amoussouga, ne s’arrêtera pas seulement aux sociétés et offices d’Etat. La mesure va bientôt s’étendre aux structures de l’Administration publique où les primes, selon les sources officielles, sont excessives et attribuées de façon anarchique. Avant d’aborder cet aspect, intéressons-nous aux sociétés et offices d’Etat où la mesure suscite actuellement beaucoup de mécontents. Les investigations ont révélé, selon les sources officielles ou proches du pouvoir, qu’il y a des fonctionnaires ou responsables de sociétés qui perçoivent jusqu’à 08 voire 09 millions FCFA de primes mensuelles en dehors du salaire. Au niveau de ces mêmes sociétés et offices d’Etat, on s’est rendu compte que certains collaborateurs desdits responsables, directeurs adjoints, assistants conseillers, chefs services et parfois des agents perçoivent en dehors de leurs salaires, des primes très élevées.

Au cours d’une rencontre la semaine dernière au Palais de la présidence entre le chef de l’Etat et les responsables des sociétés et offices d’Etat, il a été révélé que dans certaines sociétés d’Etat ou /et offices, les primes et indemnités feraient parfois de trois à sept fois le salaire de base des fonctionnaires. Il ressort des enquêtes menées que lesdites sociétés seraient obligées de dépenser 95% de leurs recettes pour le paiement des primes et indemnités. Il est très difficile de dire ou de justifier sur quelle base lesdites primes sont attribuées aux bénéficiaires. Tout cela crée d’énormes manques à gagner à l’Etat ou constitue l’une des raisons des difficultés économiques auxquelles le Bénin est confronté dans la mesure où ces structures ne paient pas d’impôt ou sont épargnées de certaines mesures fiscales. Ces sociétés et offices représentent des gouffres pour les finances publiques. La pagaille ou l’anarchie dans les société ou offices d’Etat a donc longtemps duré. Et c’est en toute responsabilité que le gouvernement a décidé de rectifier le tir dans l’intérêt de la nation. Si les conseillers du Chef de l’Etat, notamment le professeur Fulbert Gero Amoussouga, persistent et signent qu’ils ne perçoivent comme primes que 300.000F ou 400.000F par mois, comment comprendre et expliquer ce que reçoivent des Dg de sociétés ou offices d’Etat qui se taillent la part de lion estimée à des millions.

Il n’y a donc pas de confusion à se faire au sujet de la mesure prise par le gouvernement. Il ne s’agit donc pas de suppression mais de suspension de primes au niveau des sociétés et offices d’Etat en attendant qu’une commission mise sur pied travaille en profondeur pour apporter tous les éléments nécessaires à une appréciation objective de la situation pour permettre au gouvernement d’octroyer à chaque fonctionnaire ou agent de l’Etat des primes auxquelles il a réellement droit ou qu’il mérite. Attention donc aux fausses alertes. C’est vrai que bientôt cette mesure de suspension sera également appliquée aux ministères ou autres structures de l’Administration publique. Mais ici également, ce n’est pas que les primes seront supprimées. L’Etat procèdera aux vérifications nécessaires pour réajuster ou attribuer à chaque agent ou responsables, les primes dont ils ont réellement droit. Nous avons exigé de nos dirigeants, une gestion saine et rigoureuse des ressources de notre pays. Avons-nous aujourd’hui des raisons de leur faire des procès de corriger ce qui ne va pas ou de mettre de l’ordre là où il y a l’anarchie ? Il est temps d’arrêter la saignée et les citoyens devraient plutôt soutenir de telles mesures afin que les sociétés, offices et autres structures de l’Etat ne demeurent des vaches à lait avec de graves conséquences pour l’économie nationale et pour le Bénin.
Mais cette mesure que vient de prendre le gouvernement en cette veille des fêtes de fin d’année sera durement ressentie par les victimes.
Ainsi va la Refondation.

Euloge R. GANDAHO, in Le Matin

Cette entrée a été publiée dans Actualités, Economie, Politique, Société. Vous pouvez la mettre en favoris avec ce permalien.

Réagir