Mesures de suspension des primes dans les sociétés d’Etat : le gouvernement recule et tente de diviser le mouvement

Le secrétaire général a adressé une nouvelle lettre (voir ci-dessous) qui annule la précédente suspendant les primes et indemnités dans les offices et sociétés d’Etat. Néanmoins, la grève prévue pour ce jour par les centrales syndicales dans toutes les structures concernées aura lieu. Sauf à la Soneb et la Sbee où le mot d’ordre semble levé.

Le gouvernement vient de capituler une fois de plus sous la pression des centrales et confédération syndicales. Alors que l’ultimatum que ces dernières lui ont adressé, exigeant qu’il annule sa décision de suspension des primes et indemnités dans les sociétés d’Etats, devrait prendre fin hier, le gouvernement par le secrétaire général de la présidence de la République interposé, a envoyé une lettre annulant la mesure contestée. Notamment aux seuls directeurs généraux de la Sbee (énergie électrique) et de la Soneb (eau), ignorant les autres entreprises ciblées dont les syndicats restent sur les dents en se montrant toujours menaçants.

La lettre N°877 /SG/PR/SP-C du 14 novembre 2011 signée du secrétaire général de la présidence de la République vient annuler la lettre N°769/SG/PR/SP-C du 31 octobre 2011 du même auteur relative à la suspension du paiement des accessoires de salaires dans les sociétés et offices d’Etat. La nouvelle lettre fait, en l’occurrence, état d’investigations menées par l’inspection générale d’Etat, les auditeurs internes du gouvernement auprès des entreprises publiques et après la rencontre tenue par l’inspecteur général d’Etat avec les directeurs généraux des sociétés et offices d’Etat». Elle fait en outre ressortir que «les éventuelles mesures correctives au niveau du paiement des accessoires de salaire mettront plus de temps que prévu». D’où, poursuit-elle, «à l’issue du compte rendu qui lui a été fait sur les nouvelles orientations relatives à la gouvernante des entreprises publiques et semi-publiques, le président de la République… a donné des instructions pour que les charges de personnel y compris les indemnités, primes et charges sociales continuent d’être payées sur la base des conventions collectives et actes assimilés en vigueur».

Ce n’est donc ni plus ni moins qu’une reculade de la part du gouvernement dont le chef a fait visiblement preuve de précipitation et de manque de concertation. Des défauts qui lui sont souvent reprochés.

On se rappelle, par ailleurs, que la décision querellée du chef de l’Etat avait entrainé un courroux général des centrales et confédérations syndicales. Lors d’un sit-in monstre organisé à Porto-Novo, le lieu du siège de l’assemblée nationale, la semaine dernière, elles ont brandi la menace d’une cessation générale de travail sans service minimum, dans toutes les structures concernées, à compter de ce mardi 15 novembre.

Ce revirement de dernière heure du pouvoir vise, à n’en pas douter, à diviser le mouvement syndical, n’ayant ciblé que les secteurs vitaux que sont l’eau et l’énergie électrique.

À 72 heures de l’arrivée au Bénin du Saint Père, le pouvoir croyait si bien sauver les meubles et décrisper l’atmosphère sociale nationale. Hélas! Sa démarche suscite la colère des centrales et confédérations syndicales qui tiennent encore bon puisqu’elles promettent de mettre à exécution leurs menaces, mille fois réitérées, de paralyser toutes les entreprises et offices d’Etat. Et en dépit de la décision du gouvernement d’annuler sa décision de suspendre les accessoires de salaires dans les sociétés et offices d’Etat, la grève prévue par les centrales syndicales a lieu ce jour.

Par Léonce Gamaï, in La Nouvelle Tribune

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