Nigeria : risque d’une escalade de la violence intercommunautaire

Après les attentats visant des églises au Nigeria le jour de Noël, faisant au total une quarantaine de morts, les chrétiens promettent de ne pas rester inactifs.

Le révérend Ayo Oritsejafor, président de l’Association des chrétiens du Nigeria (CAN) a averti que ses coreligionnaires répondraient « de façon appropriée » à d’éventuelles nouvelles attaques contre les églises.

Cependant, le révérend n’a pas précisé la nature de la « réponse ». Il a fait cette déclaration juste avant une rencontre avec le président Goodluck Jonathan.

La veille de cette déclaration, une attaque a visé une école coranique à Sapele dans le sud du pays. Six enfants de 5 à 8 ans et un adulte ont été blessés dans l’explosion d’une bombe artisanale.

Le gouvernement appelé à agir

La série d’attaques du jour de Noël a été revendiquée par la secte islamiste Boko Haram.

Les actions de ce groupe sont « considérées comme une déclaration de guerre contre les chrétiens et contre le Nigeria en tant qu’entité », a affirmé le révérend Oritsejafor.

Le révérend a par ailleurs dénoncé « l’incapacité apparente du gouvernement à protéger […] les vies, les églises et les biens de nos membres ».

Devant la multiplication des attentats, les autorités ont tenté de rassurer la population, mais jusqu’à présent elles ont été incapables de mettre un terme aux opérations de la secte islamiste.

« L’inquiétude de la communauté chrétienne est d’autant plus grande que le gouvernement a lui-même admis savoir qui sont les auteurs de ces crimes. Malheureusement, il n’y aucune arrestation de haut profil pour calmer les angoisses du public à ce sujet », a encore accusé le révérend.

Le président Jonathan a, de son côté, appelé à un effort collectif pour démasquer les coupables.

Par ailleurs, le révérend Oritsejafor a jugé que les réponses des autorités musulmanes du pays avaient été « inacceptables ».

Le plus haut responsable musulman du Nigeria a assuré mardi « à tous les Nigérians qu’il n’y a aucun conflit entre les musulmans et les chrétiens, entre l’islam et la Chrétienté ».

« C’est un conflit entre des gens diaboliques et des gens bien », avait indiqué le sultan de Sokoto (nord), Muhammad Sa’ad Abubakar, qui dirige le Conseil suprême pour les affaires islamiques du Nigeria.

Radio-Canada avec Agence France-Presse

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