Haïti peine à se relever

Deux ans après le tremblement de terre qui a ravagé Haïti, le pays fait toujours face à d’immenses défis. Malgré des signes de progrès, environ 1 Haïtien sur 20 vit toujours dans un des abris de fortune apparus au lendemain du séisme.

Selon les données des Nations unies, la moitié des débris ont été nettoyés, et des centaines d’écoles et d’hôpitaux, reconstruits. Environ 550 000 Haïtiens vivent dans près de 700 camps, surtout à Port-au-Prince. Depuis octobre 2010, l’épidémie de choléra a tué 7000 personnes et en a infecté 476 000.

Oxfam relève en outre que 70  % de la population active est sans empl oi.

« Il reste beaucoup de travail à faire », affirmait début janvier Jean-Pierre Chicoine, porte-parole d’Oxfam-Québec, lors d’une conférence de presse de la Coalition humanitaire, un regroupement de cinq organisations caritatives canadiennes.

Évoquant la création d’emplois dans le domaine de la reconstruction (300 000 au total), le représentant spécial adjoint du Secrétaire général de l’ONU pour Haïti, Nigel Fisher, voit néanmoins dans ces chiffres des signes encourageants.

« L’impact de l’assistance humanitaire, la plus grande de ces dernières années au niveau mondial, et des projets d’envergure commence à être visible », a-t-il déclaré, en insistant sur la nécessité de poursuivre la reconstruction.

Michaëlle Jean, envoyée spéciale de l’UNESCO, arrivée cette semaine à Port-au-Prince, est elle aussi optimiste.

« On n’a pas l’impression d’être dans l’immobilisme, [Haïti] est un pays en mouvement, plus que jamais, depuis l’arrivée du nouveau gouvernement. […] Un gouvernement qui a un plan, des objectifs, qui veut réaliser ses politiques, ça fait vraiment toute la différence », a-t-elle déclaré dans un entretien avec Radio-Canada.

Les camps de la dépendance

L’ancienne gouverneure générale du Canada dénonce cependant la « totale dépendance » d’Haïti envers l’aide internationale, et le désordre dans l’allocation des fonds.

« Dans tous les engagements pris, à peine 1 % des fonds sont allés dans les caisses de l’État qui ont besoin d’être renflouées […] et seulement 1 % des fonds décaissés sont allés aux ONG haïtiennes », déplore-t-elle.

Jean-Christophe Adrian, coordonnateur des programmes de l’ONU-Habitat en Haïti, croit que les efforts de la mobilisation internationale se sont trop longtemps concentrés sur les camps.

« C’est là où les gens ont eu accès à de l’eau. Souvent, ils n’avaient pas accès à une eau de cette qualité avant, à de l’aide alimentaire au départ, à des soins, et aussi à un logement qui était gratuit », souligne-t-il.

« On a investi tellement d’argent dans des solutions transitoires; ces mêmes ressources auraient pu être mises à la disposition des Haïtiens et Haïtiennes pour reconstruire leur maison, donc quelque part, ce n’est pas une bonne solution », ajoute-t-il.

Des solutions « à long terme »

Du côté du Canada, la ministre de la Coopération internationale, Beverley J. Oda, assure quant à elle que, malgré les nombreux obstacles à la reconstruction, son gouvernement mise sur des solutions à long terme.

« Je crois que nos engagements démontrent que nous progressons », a déclaré la ministre lors d’un point de presse mercredi à Port-au-Prince pour annoncer un important projet visant à reloger 20 000 Haïtiens et à restaurer la place Champ-de-Mars, dans la capitale.

« Nous relogeons des gens, nous créons de l’emploi, notre programme est complet », a-t-elle ajouté.

Le Canada, qui s’est engagé en 2010 à verser 400 millions de dollars à Haïti en deux ans, a versé 90 % des fonds promis, à la suite du tremblement de terre.

Ce n’est cependant pas le cas de tous les pays. Selon les Nations Unies, en septembre 2011, les donateurs n’avaient déboursé que 43 % des 4,6 milliards de dollars promis en vue de la reconstruction.

http://www.radio-canada.ca/nouvelles/International/2012/01/12/006-haiti-deux-ans.shtml

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