Nigeria : les syndicats annoncent la poursuite de la grève générale

La grève générale contre la hausse des prix du carburant se poursuivra au Nigeria, ont annoncé les représentants des syndicats pétroliers du pays après une rencontre avec le président Goodluck Jonathan.

La rencontre de jeudi entre les syndicats, qui menacent d’arrêter la production de pétrole à partir de dimanche, et le président était la première tentative de dialogue depuis le début du mouvement de grève, qui en est à son quatrième jour.

Outre le président Jonathan, la rencontre regroupait plusieurs responsables du gouvernement et les dirigeants des deux principales centrales du Nigeria, les NLC et TUC. Ces deux syndicats encadrent le mouvement de grève générale qui paralyse le pays.

Une autre rencontre est prévue samedi.

Le gouvernement nigérian a imposé le 1er janvier la suppression des subventions sur les carburants, ce qui a fait doubler les prix de l’essence, pénalisant les plus pauvres pour les transports et l’électricité.

Depuis l’arrêt des subventions, les manifestations se succèdent au Nigeria. Jeudi, des dizaines de milliers de manifestants ont défilé dans les rues de plusieurs villes du pays, dont Lagos, la plus importante, avec 15 millions d’habitants. Quelques incidents mineurs ont été signalés. Les banques, les commerces et les écoles demeurent fermés.

La menace des syndicats des travailleurs du pétrole d’arrêter la production marque une escalade du conflit dans un secteur clé de l’économie nationale.

Le Nigeria, premier producteur de pétrole d’Afrique, exporte environ deux millions de barils de pétrole par jour vers les États-Unis et l’Europe, ce qui représente 90 % de ses exportations. Une interruption totale de la production entraînerait assurément les prix du brut à la hausse.

Le gouvernement nigérian et des économistes affirment que l’abandon des subventions permettra de dégager huit milliards de dollars par année pour investir dans des projets et améliorer les infrastructures quasi inexistantes dans le pays.

La grève et les manifestations accentuent la pression sur le gouvernement qui tente de mettre un terme aux attaques du groupe islamiste Boko Haram, qui visent notamment les chrétiens. Jeudi, la haute-commissaire aux droits de l’homme de l’ONU, Navi Pillay, a déclaré que Boko Haram pourrait être reconnu coupable de « crimes contre l’humanité ».

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