Un discours électoraliste sur l’état de l’Union

À 10 mois de l’élection présidentielle du 6 novembre, le président américain Barack Obama prononcera mardi à 21 h, au Capitole, le traditionnel discours annuel sur l’état de l’Union.

Lundi, la Maison-Blanche a d’ailleurs souligné que le discours de M. Obama irait au-delà de l’année en cours et exposerait la feuille de route du président pour un second mandat.

Barack Obama devrait ainsi parler des mesures de renforcement de l’économie qu’il compte proposer. La faible reprise qu’a connue l’économie américaine en fin d’année 2011 et le besoin de créer des emplois dans le secteur manufacturier devraient entre autres être abordés.

Le président devrait aussi discuter d’égalité des chances et de l’importance de protéger la classe moyenne. Il devrait notamment donner davantage de détails sur sa taxe spéciale inspirée de la « règle Buffett », du nom du célèbre homme d’affaires milliardaire, qui veut qu’aucun foyer touchant plus de 1 million de dollars par an n’acquitte un taux d’imposition inférieur à celui d’un foyer de la classe moyenne. Cette règle n’a eu aucun écho au Congrès, où les républicains, en position de force, refusent catégoriquement toute hausse de la fiscalité pour quiconque.

Rappelons que M. Obama, qui a l’appui de Warren Buffett à ce sujet, avait déjà souligné qu’il était injuste que l’un des hommes les plus riches du monde soit soumis à un taux d’imposition inférieur à celui de sa secrétaire salariée.

Quant aux républicains, ils critiquent déjà la volonté de Barack Obama d’aborder ses projets économiques et tiennent plutôt à rappeler le mauvais bilan démocrate en matière de chômage, qui atteint 8,5 % aux États-Unis, contre 5 % avant le début de la récession de 2007-2009.

Le candidat à l’investiture républicaine Mitt Romney a d’ailleurs accusé mardi le président Obama d’utiliser le discours sur l’état de l’Union à des fins partisanes.

Michelle Obama bien entourée

L’honneur d’assister au discours sur l’état de l’Union dans la loge de la première dame est réservé chaque année à une vingtaine d’Américains méritants ou emblématiques.

Cette année, pour appuyer le discours du président, la secrétaire de Warren Buffett, Debbie Bosanek, a été invitée.

Elle sera accompagnée de Lauren Powell Jobs, veuve de l’ancien dirigeant et co-fondateur d’Apple Steve Jobs, décédé en octobre, et de l’amiral William McRaven, qui a coordonné le raid de commandos ayant abouti à la mort du chef d’Al-Qaïda Oussama Ben Laden le 1er mai 2011 au Pakistan.

Un Américain de 23 ans ayant souffert d’un cancer et bénéficiant d’une couverture santé grâce à la réforme de l’assurance-maladie promulguée en 2010 par Barack Obama a également été convié à l’événement, ainsi que Ginger Wallace, une colonelle de l’armée de l’air vivant en concubinage avec une autre femme, symbole de l’abolition de la loi « don’t ask don’t tell » contraignant les militaires américains à cacher leur orientation sexuelle sous peine de renvoi.

L’astronaute Mark Kelly, mari de l’élue du Congrès Gabrielle Giffords, grièvement blessée il y a un an par un tireur en Arizona, devrait aussi être présent aux côtés de Mme Obama.

Le discours sur l’état de l’Union récolte environ 50 millions d’auditeurs chaque année. Il est diffusé en direct à la télévision et dure habituellement environ une heure.

Par  Radio-Canada avec Agence France-Presse

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