G20 : un délai pour le pare-feu européen

Reculer pour mieux sauter. Dimanche, les pays de la zone euro semblaient vouloir repousser une décision clé: celle d’augmenter, ou pas, la taille du pare-feu mis en place pour faire face à la crise des dettes publiques. La question a été au centre des débats lors du G20 de Mexico, qui a réuni ce week-end les ministres des Finances et les banquiers centraux des vingt économies les plus puissantes du monde.

Les États-Unis, les émergents et la plupart des pays européens estiment que le pare-feu actuel ne serait pas suffisant s’il fallait venir en aide à l’Espagne et à l’Italie. Actuellement constitué du Fonds européen de stabilité financière (FESF), qui sera remplacé par le Mécanisme européen de stabilité (MES), le dispositif dit de pare-feu peut prêter 500 milliards d’euros. Beaucoup plaident pour un relèvement de sa capacité de prêt à 1000 milliards de dollars (750 milliards d’euros).

Mais l’Allemagne y est opposée. Cette hausse de la capacité de prêt «créerait une démotivation pour les pays à poursuivre le rééquilibrage et les réformes», a expliqué samedi à Mexico le ministre des Finances allemand,Wolfgang Schäuble. Ce dernier a ensuite laissé entendre dimanche que la décision sur la taille du pare-feu ne serait pas forcément prise lors du sommet européen des 1er et 2 mars prochains, comme cela était jusqu’à présent prévu. «Mars va du 1er au 31», a insisté Wolfgang Schäuble. «Entre le 1er et le 31 mars, nous examinerons la question de savoir si le volume du mécanisme de stabilisation est suffisant au vu des derniers événements.»

Exigences des émergents

Pour l’Allemagne, ce calendrier reste compatible avec les échéances internationales. C’est en avril en effet que la question de l’augmentation des ressources du FMI (Fonds monétaire international) doit être tranchée, comme devait le préciser le communiqué du G20. Or les deux sujets sont liés. LesBric (Brésil, Russie, Chine, Inde et Afrique du Sud) ne veulent contribuer davantage au FMI qu’à deux conditions: qu’ils aient davantage de pouvoir au sein de l’instance internationale et que les Européens renforcent leur propre pare-feu. Ils l’ont redit samedi en marge du G20. Tout comme ils ont souligné qu’ils s’opposaient à la règle voulant que la présidence de la Banque mondiale, renouvelable en juin, revienne aux États-Unis.

Au final, le communiqué de clôture du G20 devait être un subtil équilibre, rappelant que le renforcement par les pays de la zone euro du pare-feu, point à examiner en mars, est «essentiel» avant que les ressources du FMI puissent être relevées. Le texte devait aussi stipuler que la hausse du pétrole constitue une menace pour l’économie mondiale. Les États-Unis examinent la possibilité de puiser dans leurs réserves stratégiques. Mais ils n’appellent pas les autres pays du G20 à faire de même.

Cécile Crouzel (le Figaro)

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