PROJET DE RÉVISION DE LA CONSTITUTION DU 11 DÉCEMBRE 1990 : VICTOR PRUDENT TOPANOU EST « VISCÉRALEMENT » CONTRE

Victor Prudent Topanou, ancien Ministre de la justice, de la législation, et des droits de l’homme était hier l’invité de l’émission ’’Zone Franche’’ sur la chaîne de télévision privée Canal 3 Bénin. Au menu de l’entretien, il y a eu les réformes entreprises par le gouvernement de Boni Yayi depuis sa réélection, la situation sociopolitique dans le pays, la question de la révision de la Constitution du 11 décembre 1990 en étude au Parlement pour ne citer que ces dossiers.

Très particulièrement, la question de la révision de la Constitution qui défraye la chronique dans le pays en ce moment aura été le centre d’intérêt de cet entretien si l’on s’en tient aux déclarations de l’ancien Ministre Topanou à ce sujet. Sans ambages, il a dit son opposition farouche à toute révision de la Constitution du 11 décembre 1990. » Je suis viscéralement opposé à toute révision de la Constitution parce que c’est en voulant réviser la Constitution qu’on sombre dans la crise révisionniste ; cette manière des Africains de vouloir changer la Constitution… «, a déclaré Victor Prudent Topanou. » …Je vous fais observer que cette Constitution date de 1990 et nous sommes aujourd’hui en 2012, qu’elle a 22 ans et qu’elle n’a jamais été modifiée. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire qu’elle est accessoire pour s’adapter à toutes les situations que nous avons connues jusqu’à ce jour (…) C’est une position de principe, une position dogmatique… «, a poursuivi l’ancien Ministre Victor Prudent Topanou. Néanmoins, il a précisé que sa position ne veut pas dire que cette Constitution ne sera jamais révisée. Pour lui, il importe de définir les raisons qui peuvent motiver la révision de la Constitution avant de l’entreprendre, comme dans le cas d’une crise majeure. » …Autant notre position dogmatique consiste à dire qu’il ne faut pas toucher la Constitution, autant je suis prêt, lorsqu’il y a une crise majeure que la Constitution n’a pas prévue, pour la révision. Je vais vous donner un exemple. Quand vous regardez l’alinéa 2 de l’article 44 de la Constitution, il dit que le candidat à l’élection présidentielle doit avoir 40 ans au moins et 70 ans au plus. Lorsqu’on ira à une élection présidentielle et que tous les candidats auront moins de 40 et plus de 70 ans, on peut réviser la Constitution. Mais on est très loin de ce cas. Moi je crois que si on doit aller à la révision de la Constitution, il faut que ça soit dans une situation de crise non prévu par la Constitution. Sinon, ça va devenir une révision opportuniste ou de confort de la Constitution… «, a poursuivi l’ancien Ministre Victor Prudent Topanou. Aussi, a-t-il ajouté que la révision de la Constitution est également possible lorsque le Chef de l’Etat justifie un blocage soit dans le fonctionnement des institutions, soit dans la gestion du pays. Ceci, par une présentation claire de l’orientation qu’il veut donner à cette révision. » Jusqu’à présent, le débat n’est pas à ce niveau-là. C’est pourquoi je répète que je suis viscéralement contre toute révision de la Constitution. C’est une question de principe, une question dogmatique … «, conclut-il.

Karim Oscar ANONRIN Quotidien Fraternité

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