Paris va aider la Libye à assurer un meilleur contrôle de ses frontières

La France et la Libye ont renforcé samedi soir à Tripoli leur coopération en matière de défense, qui va notamment porter sur une aide au contrôle des frontières libyennes et sur la formation par la France d’officiers et de spécialistes de l’armée libyenne.

«La coopération entre la Libye et la France est un projet de très longue durée», a déclaré le ministre français de la Défense, Gérard Longuet, au cours d’un point de presse après la signature d’une «lettre d’intention de coopération bilatérale» avec son homologue libyen, Oussama Al Juweilli.

L’accord, qui institue une commission mixte franco-libyenne de défense, porte notamment sur le contrôle des frontières. «La position de la Libye, trait d’union entre l’Afrique et la Méditerranée, en fait un territoire exposé», notamment à l’immigration clandestine, a souligné M. Longuet. «Il est de l’intérêt de tous que le trafic des hommes, des armes ou de la drogue soit neutralisé», a-t-il affirmé.

Un contrôlé renforcé passe notamment par l’utilisation de moyens techniques modernes, avions, satellites, systèmes optiques ou radar, et par la formation de personnels à la maîtrise de ces techniques.

Sécurité maritime

Paris et Tripoli entendent également renforcer leur coopération dans le domaine de la sécurité maritime, des équipes françaises participant depuis plusieurs mois au déminage des ports libyens. Un accord a notamment été conclu pour la formation en France d’environ 70 plongeurs libyens.

La France assurera par ailleurs la remise en état de Mirage F1 de l’armée libyenne, qui possédait une douzaine de ces appareils avant le conflit.

De mars à octobre 2011, la France a participé activement, avec la Grande-Bretagne, aux frappes aériennes sous commandement de l’Otan, qui ont conduit à la chute du régime du colonel Kadhafi.

Interrogé au cours du même point de presse sur la situation dans le sud de la Libye où des affrontements meurtriers ont opposé des tribus rivales ces deux dernières semaines, M. Al Juweilli a déclaré n’avoir «aucune preuve de l’intervention d’éléments étrangers à la Libye» dans cette affaire.

«Le calme est revenu, nous sommes en train d’évacuer les blessés», a-t-il dit. Les autorités libyennes «contrôlent la situation» et sauront selon lui «résoudre ce problème par le dialogue».

Réorganiser l’armée libyenne

M. Longuet s’était rendu auparavant avec son homologue libyen à Zintan, au sud-ouest de Tripoli, haut lieu de l’insurrection contre les forces du colonel Kadhafi, où il a reçu un accueil chaleureux.

M. Al Juweilli a souligné à cette occasion que les jeunes Libyens qui ont participé à l’insurrection contre les forces de Kadhafi et qui n’ont pas encore rejoint l’armée «doivent évacuer les endroits où ils se trouvent et rendre leurs armes» pour permettre la réorganisation de l’armée libyenne.

Le ministre français s’est entretenu pour sa part avec plusieurs de ces jeunes combattants. «Nous n’accepterons aucune forme de corruption. Les révolutionnaires ont libéré la Libye, ils peuvent la diriger et la reconstruire», lui a notamment déclaré Ibrahim El Madani, le fils de l’un des leaders locaux de l’insurrection tué durant les combats.

Gérard Longuet doit se rendre dimanche à Misrata et à Benghazi, dans l’est du pays, dernières étapes de sa visite de trois jours en Libye, à l’occasion du premier anniversaire de l’insurrection libyenne.

Jeune Afrique.com

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