Contamination radioactive dans un immeuble lyonnais

L’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) va mener une enquête pour comprendre comment le hall d’entrée d’un immeuble a pu être contaminé par des poussières radioactives lors d’une intervention de routine.

«Nous avons découvert une contamination radioactive dans l’entrée d’un immeuble à Lyon, à l’extérieur de la zone de chantier qui avait été isolée», explique au Figaro Didier Champion, directeur de la crise à l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN). «Les deux techniciens qui se trouvaient dans le hall n’étaient pas protégés, et ont été potentiellement exposés à la contamination».

Les deux hommes font partie d’une équipe de quatre spécialistes de l’IRSN qui participaient à une opération de récupération d’anciennes sources radioactives médicales au radium utilisées dans le passé par un cabinet de radiologie et laissées à l’abandon depuis des années dans une cave d’un immeuble de Lyon.

Les premiers examens réalisés mercredi soir avec les appareils de mesure de la centrale nucléaire de Bugey n’ont pas relevé de contamination interne, qui aurait pu être provoquée par inhalation ou ingestion de poussières radioactives. «Ces premiers résultats sont rassurants, mais nous allons tout de même procéder à des tests plus sensibles avec d’autres analyses pour nous assurer de l’absence de tout risque», précise Didier Champion.

Contamination au radium

La contamination est probablement due à des poussières de radium, un élément extrêmement radioactif qui a été très largement utilisé pour des usages médicaux (lutte contre le cancer) entre les années 1920 et 1950. «Le radium avait probablement servi avant-guerre» estime Didier Champion.

Même après un stockage aussi long, le radium reste très radioactif, car il a une demi-vie de désintégration très longue de 1602 ans. «Le radium est étérnel à l’échelle d’une vie humaine» résume Didier Champion.

Les deux techniciens qui travaillaient dans la cave au contact des sources portaient des masques et des combinaisons, alors que ceux qui étaient resté hors de la zone du chantier n’auraient pas dû être exposés et ne portaient pas de protection particulière. «Il n’est pas normal que de la poussière radioactive soit sortie de la cave, alors que des procédures qui nous semblent adéquates ont été mises en place pour éviter cela,» remarque Didier Champion. «Nous allons enquêter et effectuer d’autres mesures pour comprendre ce qui a pu se passer.»

L’IRSN procède régulièrement à des interventions pour récupérer et mettre en sûreté d’anciennes sources radioactives oubliées. En région parisienne, une opération appelée «diagnostic radium» effectue un travail de recherche historique pour retrouver toutes les adresses où du radium a été utilisé dans le passé.

Les occupants de l’immeuble contaminé ont été évacués et relogés par la mairie de Lyon dans l’attente d’opérations de décontamination. «Cet événement ne présente pas de risque sanitaire pour les riverains» assure le cabinet du préfet.

Cyrille Vanlerberghe (Le Figaro)

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