Algérie: un groupe islamiste ouest-africain revendique l’attentat de Tamanrasset

Le Mouvement Unicité et Jihad en Afrique de l’ouest (MUJAO) a revendiqué samedi dans un message à l’AFP au Mali l’attentat contre un camp militaire dans le sud de l’Algérie, qui a fait 23 blessés selon un bilan de presse.

«Nous vous informons que nous sommes à l’origine de l’explosion (…) ce matin à Tamanrasset dans le sud de l’Algérie», a indiqué le MUJAO, un nouveau groupe islamiste apparu en 2011 et qui prône le djihad (guerre sainte) en Afrique de l’Ouest, dans un court message écrit.

Quinze gendarmes en poste, cinq éléments de la Protection civile et trois autres personnes ont été blessées samedi dans un attentat suicide à la voiture piégée contre la brigade de gendarmerie de Tamanrasset (1.970 km au sud d’Alger), selon le site internet du quotidien arabophone algérien En Nahar. Les victimes ont été transportées à l’hôpital, dont certaines dans un état critique, et l’auteur de l’attentat est mort déchiqueté par l’explosion, affirme encore le site de En Nahar.

L’agence de presse algérienne APS a également confirmé l’attentat, sans toutefois donner de bilan. Selon un de ses journalistes sur les lieux, un important dispositif de sécurité a été mis en place autour de la zone de l’attentat. L’attentat a été perpétré, d’après le site de En Nahar, par un kamikaze qui a lancé sa voiture contre le siège de la gendarmerie occasionnant d’importants dégâts matériels. C’est la première fois qu’un attentat à l’explosif est commis dans cette région d’Algérie.

Une dissidence d’Aqmi

Le MUJAO est un nouveau groupe islamiste qui prône le jihad (guerre sainte) en Afrique de l’Ouest et est apparu au grand jour en décembre 2011 en revendiquant l’enlèvement de trois Européens à Tindouf (ouest de l’Algérie), fief des indépendantistes sahraouis du Front Polisario. Cette action avait auparavant été attribuée par le Polisario à Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), très actif dans les pays de la bande sahélo-saharienne depuis 2007. Le MUJAO serait une dissidence d’Aqmi dirigée par des Maliens et des Mauritaniens, selon des experts.

Le 12 décembre 2011, une vidéo montrant des hommes armés encadrant deux femmes, une Italienne et une Espagnole, ainsi qu’un Espagnol, enlevés le 23 octobre dans la région de Tindouf, avait été rendue publique par le MUJAO. Dans une autre vidéo visionnée en décembre 2011 par un journaliste de l’AFP à Bamako, six membres du MUJAO, enturbannés, dont la plupart ont la peau noire, ont exposé leur idéologie, se référant à Oussama Ben Laden, chef d’Al-Qaïda tué par l’armée américaine au Pakistan, au mollah Omar, chef des talibans afghans, et à des figures historiques de l’islam en Afrique de l’Ouest subsaharienne.

Jeuneafrique.com

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