Pourquoi la Bourse aime tant Apple

Le 13 février, le cours de Bourse de la marque à la pomme a dépassé pour la première fois la barre symbolique des 500 dollars. Quinze jours après, sa valeur boursière franchissait le seuil des 500 milliards de dollars. Apple est aujourd’hui la société la plus chère du monde. En dix ans, la valeur de la firme a été multipliée par 55. Celui qui a placé 10.000 dollars sur Apple en 2002 pourrait aujourd’hui s’acheter un appartement à Manhattan avec vue sur Central Park! La hausse va-t-elle se poursuivre? Y a-t-il une bulle sur le titre Apple? Après une telle envolée boursière, la question est clairement posée. La capacité d’innovation du groupe n’est pas infinie et les autres fabricants de smartphones et de produits électroniques ne restent pas les bras croisés. La concentration des revenus de la société autour de deux produits phares, l’iPhone et l’iPad, constitue aussi un point de fragilité. Apple n’est pas à l’abri d’un accident de parcours, mais, pour l’instant, les investisseurs sont sur un nuage et continuent de se ruer sur le titre. Voici les sept raisons qui leur font aimer Apple.

La plus belle croissance

Depuis 2007, année de la sortie de l’ iPhone, la firme à la pomme a multiplié son chiffre d’affaires par plus de quatre. Au cours du dernier trimestre de 2011, qui inclut les ventes de Noël, celui-ci a bondi de 64,8%. Une récente étude de la banque américaine JPMorgan incluant des projections d’activité jusqu’en 2013 montre que les ventes d’Apple pourraient, en sept ans, progresser en moyenne de 37% par an. Conclusion de l’analyste, il faut en avoir en portefeuille: Apple croît cinq fois plus vite que les plus beaux fleurons de la technologie américaine, tels Google, Amazon, Dell, Cisco et Microsoft.

La rentabilité fait rêver

La firme à la pomme a dégagé lors du précédent exercice clos au 24 septembre 2011 un bénéfice net de 25,9 milliards de dollars, ce qui correspond à une marge nette de 23,9%, digne d’un groupe de luxe commeLVMH. Lors du dernier trimestre de 2011, le groupe est allé plus haut avec un bénéfice de 13 milliards, portant la marge nette à un nouveau record de 28,2%. Les analystes de la Société générale attendent pour l’exercice en cours un profit net de près de 43 milliards de dollars, un des plus élevés jamais réalisés par une société privée. Fait rare, la croissance des ventes ne se fait pas au détriment de la rentabilité. Selon une étude réalisée par la banque américaine JPMorgan, le fabricant de l’iPhone pourrait terminer l’année avec une marge brute de 43,1%, un des meilleurs ratios de Wall Street.

Une valorisation  «encore» très sage

À la différence des sociétés technologiques des années 2000, qui se traitaient en Bourse plusieurs dizaines de fois le montant de leur chiffre d’affaires sans le moindre centime de bénéfice, Apple reste faiblement valorisé. Au cours actuel, le titre se paie moins de 10,5 fois les profits attendus pour l’année en cours alors que, sur le Nasdaq, le marché des valeurs technologiques de New York, les actions s’échangent sur la base de plus de 15 fois les profits estimés pour l’année en cours. Mieux, une hausse de 40% de son cours de Bourse la placerait dans la moyenne de la cote américaine. Les analystes d’UBS misent sur un bénéfice net de 48 milliards de dollars en 2014. Autrement dit, le titre se paye 8,5 fois les profits estimés dans trois ans. Il figure donc parmi les valeurs bon marché du Nasdaq.

Une entreprise mondiale

Apple présente l’avantage de ne dépendre d’aucune zone géographique particulière pour ses ventes. Le groupe est présent sur tous les continents, ce qui le met à l’abri des risques géopolitiques. Au cours du dernier trimestre, le groupe a réalisé 17 milliards de dollars de ventes aux États-Unis, qui restent son premier marché. L’Europe est le deuxième avec 11,2 milliards. L’Asie et le reste des pays émergents représentent 13,8 milliards de dollars.Un formidable réservoir de croissance pour les années à venir. Pour ne rien gâcher, la répartition des profits par zones géographiques montre que c’est dans les pays émergents que les marges sont les plus solides.

Des réserves considérables

Les 100 milliards de dollars de trésorerie dont dispose la firme font fantasmer les analystes. Avec une telle somme, tout est possible. Sauf les folies: le management du groupe reste fidèle à son credo: «Le cash ne nous brûle pas les poches.» Ce qui n’empêche pas les investisseurs de rêver à un programme de rachat d’actions qui viendrait grossir leurs gains.

Un modèle sans usine

Apple ne possède pas d’usine. L’assemblage de ses produits est entièrement sous-traité. Ce modèle d’organisation est loué par les analystes. L’efficacité de sa chaîne d’approvisionnement est citée en modèle, y compris par certains concurrents. Sans usine, pas de coûts fixes. Mais cela pourrait aussi être le talon d’Achille de la firme, à la merci du bon vouloir de ses fournisseurs (dont quelques-uns sont aussi des concurrents) ou d’un scandale sur les conditions de travail dans ces sites.

L’art de fidéliser ses clients

Apple a su créer autour de ses produits un univers qui s’autoalimente. Un modèle de développement redoutable puisqu’un achat en génère presque automatiquement un autre. Apple n’a jamais vendu autant de Mac que depuis qu’il a lancé l’iPad. Ses clients sont de véritables fans de la marque. Le modèle économique repose aussi sur la vente de services associés, comme la musique et la vidéo (iTunes a généré 1,7 milliard de revenus au cours du trimestre précédent). Le groupe vient d’ouvrir un nouveau marché avec son système de stockage de données à distance iCloud, déjà souscrit par 85 millions de personnes.

Roland Laskine, Elsa Bembaron (Le Figaro)

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