La moitié des escroqueries bancaires sont liées à Internet

L’Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales (ONDRP), présidé par le Pr Alain Bauer, lève le voile sur l’ampleur des escroqueries bancaires. Dans une étude à laquelle a eu accès Le Figaro, ses statisticiens révèlent que «500.000 ménages ont été victimes de ce type de délits au cours de l’année 2010». Le directeur de l’ONDRP, Christophe Soullez, précise que «dans la moitié des cas, le dernier débit frauduleux est la conséquence d’un achat effectué sur Internet».

Ces chiffres ne sont pas ceux de la police et de la gendarmerie, qui ont tendance à nettement sous-évaluer le phénomène, notamment en raison de consignes explicites du ministère de la Justice visant à ne plus enregistrer en plaintes un nombre important de faits d’escroquerie à la carte bancaire. Ils proviennent de la dernière enquête «Cadre de vie et sécurité» de l’Insee. Un sondage de grande envergue effectué auprès de 17.000 ménages.

Pour la première fois, une question spécifique sur la fraude bancaire a pu être posée par les sondeurs: «Est-il arrivé en 2009 ou en 2010 qu’un débit frauduleux soit effectué sur l’un de vos comptes?», étant bien précisé que devront être exclus les cas de litige ou les débits résultant d’un vol de carte de paiement. On apprend alors qu’en dehors des arnaques sur la Toile, 14% des escroqueries sont réalisées dans des commerces traditionnels et autant sous la forme d’un retrait à un distributeur de billets. Par ailleurs, 8% des débits frauduleux consistent en un virement illicite effectué depuis le compte bancaire de la victime. Enfin, 12% des escroqueries déclarées ont lieu lors d’une transaction par un autre procédé, comme un rechargement de téléphone portable.

Opérations à l’étranger

Les montants prélevés sont généralement faibles. La moyenne des débits déclarés est inférieure à 250 euros. Mais sur Internet, tout comme aux distributeurs de billets, 20% des débits déclarés sont supérieurs à 1.000 euros. Plus d’une victime sur trois sur la Toile ou à l’occasion d’un retrait ou d’un virement bancaire déclare que l’opération frauduleuse a été effectuée à l’étranger. Et lorsque l’arnaque a été effectuée au moyen d’une carte bancaire dans un magasin traditionnel, le commerce se trouve à l’étranger dans presque deux tiers des cas.

La supercherie est généralement découverte en épluchant les relevés d’opérations de la famille. Une victime sur trois croit savoir avec exactitude comment elle s’est fait escroquer. «Les modes opératoires décrits sont très hétérogènes», constate l’ONDRP. «12% des ménages victimes déclarent que l’auteur a obtenu les informations bancaires au cours d’un achat ou d’une réservation sur Internet», «7% d’entre eux affirment que les informations bancaires ont été dérobées lors d’un achat dans un commerce traditionnel et 6% alors qu’ils retiraient de l’argent à un distributeur automatique de billets».

Le plus inquiétant est que près de «60% des victimes ne savent pas du tout comment les délinquants ont procédé», complète Christophe Soullez. «Il y a visiblement, selon lui, beaucoup de pédagogie à faire sur les réflexes à acquérir pour éviter les pièges.»

Jean-Marc Leclerc (Le Figaro)

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