Économie : le Brésil détrônera bientôt la France

Le pays sud-américain est devenu en 2011 la sixième puissance économique mondiale. Rapporté au nombre d’habitants, sa richesse restera toutefois bien inférieure aux pays développés.

«Qu’a donc le Brésil que le Royaume-Uni n’a pas?», s’interroge le Guardian. La question taraude les éditorialistes britanniques, et pour cause: le Brésil a plus produit en 2011 que le Royaume-Uni. Le produit intérieur brut de la première puissance sud-américaine s’est élevé à 2469 milliards de dollars, soit 49 milliards de dollars de plus que celui des britanniques. Et ce, malgré une croissance fortement affaiblie sur l’année (+2,7% après +7,5% en 2010).

Dur à avaler pour les Britanniques: ils se voient relégués à la septième place au classement des plus grandes économies mondiales à peine trois ans après avoir dû céder leur cinquième place à la France. Toutefois, l’Hexagone n’a pas de quoi plastronner: le Brésil lui ravira sa cinquième place tout juste acquise en 2015, selon les prévisions des économistes de Société générale CIB.

«En 2016, le G7 (club des sept plus grandes puissances économiques de la planète) aura peu à voir avec celui de 2007», prévient ainsi Michala Marcussen, chef économiste de la banque française. Grande perdante, l’Italie sortira du club, rétrogradée de la 7e à la 10e place. Elle sera devancée par la Russie puis par l’Inde. D’autre part, l’Espagne, huitième puissance, quitte le top 10. Sur le podium, la Chine a dépassé le Japon en 2011.

Ce classement ne dévoile cependant qu’une partie de la réalité. «Ces niveaux absolus de PIB en disent bien peu à propos des niveaux de vie des populations, explique Michala Marcussen. La Chine a beau être la seconde puissance économique mondiale, ses habitants comptent parmi les plus pauvres du G7.»

Si on rapporte la richesse nationale (PIB) au nombre d’habitants, un Chinois pèsera 4,5 fois moins qu’un Américain en 2016. C’est peu, mais c’est beaucoup mieux qu’en 2007: le rapport n’était alors que de 1 à 10. Même tendance pour le Brésil: en 2016, bien que 5ème puissance mondiale, il ne représentera que 26% du PIB par habitant des États-Unis, contre 73% pour le Royaume-Uni.

Les raisons du rattrapage

La progression des grands pays émergents ne s’explique pas uniquement par leur seule croissance, aussi forte soit-elle: les pays développés ont vu leur production reculer à cause de la crise. Surtout en matière de richesse par habitant. Ce phénomène est particulièrement frappant au sein de la zone euro. Le PIB par habitant de la France, qui représentait 99% de celui de l’Allemagne, baissera à 89% en 2016. En cause, le rythme de croissance de l’après-crise, nettement moins élevé en France qu’en Allemagne.

Guillaume Guichard (rédacteur, Le Figaro)

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