La Lune mise en cause dans le naufrage du Titanic

L’alignement de notre satellite avec la Terre et le Soleil, survenu en janvier 1912, pourrait expliquer le grand nombre d’icebergs qui ont croisé la route du paquebot trois mois plus tard. Une hypothèse jugée farfelue par certains.

La Lune serait-elle au cœur d’un complot astronomique contre le Titanic? Sa cruelle absence la nuit du drame contribuait déjà à expliquer les mauvaises conditions de visibilité qui ont poussé le capitaine à la faute. Mais ce ne serait pas le seul tort de notre satellite. Des physiciens et astronomes de l’université du Texas pensent désormais qu’elle aurait eu le mauvais goût de préparer le théâtre du crime quelques mois plus tôt en provoquant une marée inhabituellement forte.

D’après les calculs de ces scientifiques, la Terre se serait retrouvée, le 4 janvier 1912, soit trois mois et demi avant le terrible accident, prise entre son étoile et son satellite dans un alignement très particulier. A cette date précise, la Lune était en effet au plus près de notre planète, elle-même au plus près du Soleil. Cette coïncidence extraordinaire aurait maximisé les effets de marée, soulignent les «astronomes légistes» texans.

Une théorie «farfelue»

La «super grande marée» résultant de ce phénomène aurait pu remettre à flot les icebergs bloqués sur les côtes du Labrador plusieurs mois après s’être détachés du Groenland. Le courant les aurait alors emportés tranquillement vers le sud. Un scénario qui expliquerait le foisonnement inexpliqué de blocs de glace sur la route du Titanic rapportés par différents témoins. «Nous ne prétendons pas savoir où était exactement, en janvier 1912, l’iceberg qui a fait sombrer le bateau – personne ne peut le savoir – mais ce scénario est plausible sur le plan scientifique», estime Donald Olson, auteur principal de l’article à paraître dans le numéro d’avril du magazine Sky&Telescope.

Le trajet possible suivi par l'iceberg venu couper la route du Titanic. Une grande marée aurait pu le déloger des cotes du Labrador en janvier. (Crédits: Sky et Telescope)
Le trajet possible suivi par l’iceberg venu couper la route du Titanic. Une grande marée aurait pu le déloger des cotes du Labrador en janvier. (Crédits: Sky et Telescope)

Un sismologue de l’université de Washington, John Vidale, exprime toutefois son scepticisme à l’égard de cette théorie qu’il juge «farfelue». Il pointe du doigt la criante absence de données chiffrées pour appuyer la démonstration. Un géophysicien de l’USGS (institut national de géologie américain) John Bellini, ne croit d’ailleurs pas que le supplément gravitationnel associé à cet événement astronomique ponctuel puisse vraiment avoir des conséquences aussi dramatiques. Si la théorie du chaos veut, selon l’expression consacrée, qu’un battement d’aile de papillon à New York puisse provoquer une tempête à Tokyo, il rappelle que cela est loin d’être le cas général.

Tristan Vey (Le Figaro)

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