Juppé sur la Syrie: « toute possibilité d’accord sur une résolution de l’ONU est bloquée »

La France ne veut pas signer d’accord qui mettrait sur un même plan le régime syrien et l’opposition. La Russie, elle, refuse tout texte qui ne concernerait pas également les deux parties.

Le régime Syrien continue à écraser dans le sang l’opposition. Mais, à l’ONU, aucune avancée en vue. En effet, la France n’acceptera pas une résolution du Conseil de sécurité de l’ONU qui renverrait dos à dos le régime syrien et «ceux qui se battent contre la répression», a averti samedi le chef de la diplomatie française, Alain Juppé. «C’est au régime de prendre l’initiative, d’arrêter la répression», a-t-il souligné. «Ensuite, il faudra bien entendu que l’ensemble des violences cesse».

«Il est scandaleux de mettre sur le même plan des citoyens qui essaient de se défendre et un régime qui les combat, qui fait tirer des snipers sur les femmes, les enfants pour créer la terreur», a ajouté le ministre français des Affaires étrangères.

Le Conseil de sécurité de l’ONU doit se réunir lundi à New York pour discuter de la Syrie. Mais, a fait remarquer Alain Juppé, «actuellement toute possibilité de parvenir à un accord sur une résolution du Conseil de sécurité est bloquée». Les Etats-Unis avaient indiqué vendredi qu’ils n’étaient «pas très optimistes» quant à la possibilité que le Conseil de sécurité des Nations unies se mette d’accord sur une nouvelle résolution sur la fourniture d’aide humanitaire à la Syrie.

Le blocage russe

Un peu plus tôt vendredi, la Russie avait manifesté son opposition à un nouveau projet de résolution du Conseil, rédigé sous l’égide des Américains, car elle juge le texte «déséquilibré». Selon Moscou, le projet ne contient pas d’appel à un cessez-le-feu de toutes les parties impliquées. La Russie, membre permanent du Conseil de sécurité de l’ONU, a déjà bloqué deux résolutions des Occidentaux condamnant la répression du régime de Bachar al-Assad. Selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH), quelque 8500 personnes ont été tuées dans les violences qui secouent le pays.

Je ne voudrais pas que, le temps passant, notre capacité d’indignation s’affaiblisse

«Je pensais qu’une fois les élections (en Russie) passées, le dialogue avec les autorités russes pourrait s’engager d’une manière plus consensuelle mais pour l’instant cette attente ne se vérifie pas», a déclaré Alain Juppé.

«Je ne voudrais pas que, le temps passant, notre capacité d’indignation s’affaiblisse», a-t-il dit. «Il faut maintenir la pression (sur la Syrie), aider l’opposition», a-t-il ajouté en affirmant que «ce régime ne pourra pas survivre».

Mais, a-t-il ajouté à l’unisson de tous ses homologues européens, «l’action militaire n’est pas à l’ordre du jour». «La Syrie n’est pas la Libye», a estimé Alain. Juppé. «Ce qui nous préoccupe le plus, c’est le risque d’une guerre civile entre les communautés syriennes et ce sera une nouvelle responsabilité extrêmement lourde du régime syrien si ce risque de guerre civile se confirme.»

lexpress.fr

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