Kofi Annan à Damas, bombardements à Idleb

Kofi Annan, émissaire de l’ONU et de la Ligue arabe, s’est entretenu samedi matin avec le président syrien Bachar Al-Assad, à Damas, afin de trouver une solution à la crise. Les questions d’un cessez-le-feu immédiat, d’une solution politique globale et d’un accès à l’aide humanitaire ont été abordées.

« La Syrie est prête à faire réussir tout effort sincère pour trouver une solution », a déclaré le président syrien à Kofi Annan, selon l’agence officielle Sana. Bachar Al-Assad a ajouté qu’aucune initiative politique ne pouvait réussir tant que des « groupes terroristes opèrent dans le chaos et déstabilisent le pays en attaquant civils et soldats ».

Vendredi, l’appel de Kofi Annan pour l’ouverture d’un dialogue entre le gouvernement de Damas et l’opposition a été rejeté par le Conseil national syrien (CNS), principale organisation anti-régime.

Les militants ont jugé que cette proposition donnerait du temps aux forces gouvernementales pour les écraser.

Concertation de la Ligue arabe en Égypte

En réunion au Caire avec les ministres des Affaires étrangères de la Ligue arabe et leur homologue russe, Sergueï Lavrov, le chef de la diplomatie saoudienne a souligné samedi que la paralysie du Conseil de sécurité des Nations unies sur la question syrienne avait permis la poursuite des violences et des meurtres. Saoud Al-Fayçal a appelé la Russie à soutenir l’initiative de la Ligue arabe pour mettre fin à la répression.

La Russie a opposé son veto à deux reprises à des résolutions de l’ONU condamnant les violences en Syrie depuis le début du mouvement de contestation, il y a un an, en février et en octobre derniers.

« La position des pays qui ont contrecarré la résolution du Conseil de sécurité de l’ONU et voté contre la résolution de l’Assemblée générale a fourni au régime syrien le droit de prolonger ses pratiques brutales contre le peuple syrien. » — Le ministre des Affaires étrangères saoudien, Saoud Al-Fayçal

Le ministre des Affaires étrangères du Qatar a réclamé pour sa part que le CNS soit reconnu comme représentant légitime de la Syrie. « Il y a un génocide systématique de la part du gouvernement syrien pendant que nous parlons en ce moment de cessez-le-feu. […] Nous ne pouvons accepter seulement un cessez-le-feu », a déclaré le cheikh Hamad Ben Jassem Al-Thani.

Redoublement des violences

Une ONG syrienne rapportait entre-temps de violents bombardements, samedi matin, sur la ville rebelle d’Idleb, dans le nord-ouest du pays. Seize rebelles auraient été tués dans une embuscade.

Image tirée d’une vidéo de YouTube mise en ligne le 7 mars 2012, montrant des bombardements dans la région d’Idleb.

« Il s’agit des bombardements les plus violents depuis l’envoi de renforts de troupes cette semaine à Idleb. C’est le prélude à un assaut », a déclaré Rami Abdel Rahmane, chef de l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH).

Vendredi, les forces syriennes avaient pris position autour d’Idleb, alors que des officiers de haut rang continuaient à rejoindre les rangs de l’opposition.

L’ONU fait état d’une situation humanitaire des plus inquiétantes, où 1,5 million de personnes ont besoin d’une aide alimentaire.

Radio-Canada avec Agence France-Presse, Associated Press et Reuters

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