Tuerie en Afghanistan : le GI encourt la peine de mort

L’auteur du massacre de seize civils afghans devrait être traduit devant une cour martiale. Les taliban ont menacé mardi de décapiter des militaires américains en représailles.

Le sous-officier américain soupçonné d’avoir tué dimanche seize civils afghans encourt la peine de mort en cas de condamnation par la justice militaire américaine, a indiqué lundi le secrétaire américain à la Défense Leon Panetta. Le sergent devrait être traduit devant une cour martiale selon le code de justice militaire américain, a expliqué le chef du Pentagone.

Les taliban afghans ont quant à eux menacé mardi de décapiter des militaires américains en représailles à la tuerie. «L’émirat islamique avertit une nouvelle fois les animaux américains que les moudjahidine vont se venger et, avec l’aide d’Allah, vont tuer et décapiter vos soldats meurtriers sadiques», affirme Zabihoullah Moudjahid, porte-parole des taliban, dans un communiqué transmis par courrier électronique à l’agence Reuters.

Première manifestation anti-américaine

Près de 400 étudiants ont par ailleurs manifesté mardi contre les Etats-Unis à Jalalabad, la principale ville de l’est afghan, le premier rassemblement de protestation après le massacre.

L‘état-major américain refusait toujours lundi de révéler l’identité de l’auteur de la tuerie. Il s’agirait d’un sergent de 38 ans, marié et père de deux enfants, originaire de la base de Lewis-McChord, à 70 km au sud de Seattle, dans l’État de Washington. Dans l’armée depuis onze ans, ce sous-officier avait déjà effectué trois déploiements en Irak et se trouvait depuis début décembre 2011 en Afghanistan.

Vers 3 heures du matin dimanche, il aurait quitté à pied sa base pour perpétrer son forfait dans un village, puis un hameau proches, avant de regagner son poste et se constituer prisonnier. Depuis la base de Panjwayi, dans la province de Kandahar, il participait en compagnie de bérets verts ou de Navy Seals des forces spéciales à des missions dites de «stabilisation» des villages. Il s’agissait de tisser des liens de confiance avec les plus âgés, de mettre sur pied des forces de police locale et de traquer les chefs talibans de passage.

Maurin Picard (Le Figaro)

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