Suisse : une inattention à l’origine de l’accident ?

L’enquête se poursuit pour découvrir la cause de l’accident du car, qui a fait 28 morts mardi. Selon les témoignages d’enfants rescapés, un passager aurait demandé au conducteur de mettre un DVD, juste avant le choc.

Un simple moment d’inattention serait-il à l’origine de l’accident de car qui, mardi soir, a fait vingt-huit morts en Suisse? D’après les quotidiens suisseAargauer Zeitung et belge Het Laatse Nieuws , qui rapportent les témoignages unanimes d’enfants rescapés et hospitalisés, quelques secondes avant le drame, un passager aurait demandé au conducteur de mettre un DVD. Le temps de baisser les yeux pour insérer le disque, le chauffeur aurait perdu le contrôle du car. Avant de venir percuter la paroi du tunnel, situé près de Sierre.

Pour l’heure, la justice suisse n’a ni confirmé, ni infirmé, cette version des faits. Le porte-parole de la police du canton, lui, a affirmé que «ce n’est que pure spéculation à ce stade». Et a précisé que les enregistrements des caméras de surveillance ne permettaient pas encore d’y voir plus clair sur ce spectaculaire accident de la route.

La société «TopTours», en charge de l’autocar, a aussi récusé cette hypothèse. Jeudi après-midi, le patron de la compagnie, Tom Cooremans, a assuré qu’il était «impossible qu’un enfant ait vu le chauffeur manipuler un DVD ou un autre objet», du fait de la structure du véhicule. En effet, dans ce modèle de car, la cabine des conducteurs se trouve au niveau de la route, alors que les passagers sont tous surélevés, a-t-il détaillé.

Après avoir confirmé qu’aucune trace d’alcool n’a été retrouvée dans le corps des chauffeurs, Tom Cooremans a appelé à attendre les conclusions de l’enquête. Celle-ci se poursuit.

Expertise et autopsie en cours

Mercredi après-midi, le procureur suisse Olivier Elsig a annoncé que, d’après les premières constatations, le conducteur ne roulait pas trop vite au moment du choc, dans ce tunnel où la vitesse est limitée à 100 km/h. Les investigations se poursuivent donc, privilégiant trois pistes: une défaillance technique du véhicule, un problème de santé du chauffeur ou une erreur de conduite.

Une expertise est en cours de réalisation, afin de définir si le car a subi une panne ou un autre problème mécanique. Cela dit, tous les commentaires, d’hommes politiques comme de professionnels du transport, ont été unanimes pour dire que le véhicule était de toute dernière génération et sûre. Il était «neuf ou presque», a confirmé, de son côté, le procureur Olivier Elsig.

Les enquêteurs, par ailleurs, vont pratiquer une autopsie du corps du chauffeur décédé. Aurait-il pu s’assoupir au volant? En tout cas, les «temps de conduite» des deux conducteurs «ont été respectés», a assuré le secrétaire d’Etat aux Transports belge. Un malaise alors? «Aucune piste ne prévaut», a précisé Olivier Elsig.

Boris Marchal (Le Figaro)

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