La venue de DSK au Parlement européen crée des remous

Dix jours après avoir suscité la colère de militantes féministes suite à son invitation à l’université de Cambridge, Dominique Strauss-Kahn provoque, à nouveau, des remous. Face à une invitation de l’ancien directeur général du FMI au Parlement européen le 27 mars, trois eurodéputées ont pris leur plume pour écrire au président de l’Assemblée, Martin Schulz, afin de demander l’annulation de cette intervention.

«Nous avons appris, avec consternation et colère, l’invitation de Dominique Strauss-Kahn au Parlement européen à l’initiative de notre collègue (Alexander) Alvaro», écrivent les socialistes Véronique De Keyser et Zita Gurmaï et l’écologiste Isabelle Durant. Et de poursuivre: «Au nom du combat que nous menons pour la dignité des femmes, nous nous opposons à cette invitation et vous demandons, monsieur le Président, de veiller à ce que ce Parlement reste un lieu de travail législatif, où les sensibilités de chacun sont respectées, et non une arène médiatique où il faut faire “des coups”, du show et du spectacle.»

«Une invitation indécente»

Il faut dire que le «timing» de cette venue de Dominique Strauss-Kahn à Bruxelles est, en outre, pour le moins particulier. Le lendemain (28mars), une première audience civile aura lieu, dans un tribunal de New York, concernant l’affaire du Sofitel. Si DSK a été relaxé sur le volet pénal du dossier, une procédure civile reste en cours. Celle-ci fait suite à la plainte déposée pour agression sexuelle par Nafissatou Diallo, femme de chambre de l’hôtel new-yorkais.

Par ailleurs, le même jour, Dominique Strauss-Kahn est convoqué par la justice française dans l’affaire du Carlton de Lille. Le juge décidera, alors, de le mettre en examen ou non pour «complicité de proxénétisme aggravé en bande organisée» et «recel d’abus de biens sociaux» dans ce dossier de prostitution.

Autant de faits qui viennent conforter la requête des trois eurodéputées. «Nous respectons la présomption d’innocence, respectons le droit à la libre expression et refusons toute ingérence moralisatrice dans la vie privée de chacun, précisent-elles dans leur lettre. Mais, après le déballage public et les prises de position de Dominique Strauss-Kahn sur les différentes affaires auxquelles il est confronté aujourd’hui, cette invitation est à proprement parler indécente.»

Boris Marchal (Le Figaro)

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