Carlton : les avocats de DSK contre-attaquent

«Éviter le barnum»: c’était la raison avancée pour expliquer l’audition surprise de Dominique Strauss-Kahn lundi à Lille, deux jours avant la date prévue. Le cirque a quand même eu lieu mardi au cabinet de Me Henri Leclerc, qui y organisait une conférence de presse avec ses deux confrères, Mes Frédérique Beaulieu et Richard Malka. Un paquet compact de journalistes et caméras ont entendu les avocats dénoncer une justice qui inventerait «un délit de luxure» et sanctionnerait de «simples comportements libertins». Et Me Beaulieu d’ajouter: «On fait de la morale. Ce n’est pas la loi. On n’est plus dans un État de droit.» Le «barnum» va se reproduire dès mercredi au tribunal du Bronx où la première audience du procès civil opposant Nafissatou Diallo à DSK va également déplacer les foules.

Sonnée par une mise en examen pour «proxénétisme aggravé en bande organisée», la défense a donc voulu organiser la riposte tout en refusant d’aborder le fond du dossier. Les avocats vont déposer une requête en annulation de la mise en examen de leur client devant la cour d’appel de Douai. «Une tactique à double tranchant, note un magistrat. Ils peuvent obtenir satisfaction, mais, dans le cas contraire, ils auront à faire face à un arrêt motivé qu’ils risquent de traîner jusqu’à la fin de l’instruction.» À ce stade de l’enquête, un abandon des poursuites contre DSK paraît peu envisageable.

Appel du contrôle judiciaire

Consulté avant l’audition de lundi, le parquet de Lille avait, lui, retenu une «complicité de proxénétisme aggravé en bande organisée», estimant que Dominique Strauss-Kahn «ne pouvait être considéré comme auteur principal des faits». La même source judiciaire indiquait mardi au Figaro que le parquet général de Douai devrait adapter une position identique. Outre leur requête en annulation, les avocats veulent faire appel du contrôle judiciaire auquel a été soumis leur client. Ils jugent notamment «vexatoire et inutile» l’interdiction qui lui a été faite d’évoquer le dossier avec la presse. Lundi, les presque huit heures d’audition par les trois juges se sont «bien passées», dit-on au palais de justice de Lille. Sur chaque point, DSK a apporté des «réponses circonstanciées. Il se défend bien. On sent que cette comparution avait été bien préparée», note la même source.

L’ancien ministre a donc maintenu sa ligne de défense, déjà adoptée pendant sa garde à vue: il a participé à des soirées libertines sans savoir que des prostituées étaient rémunérées pour ces rendez-vous. Niant ainsi que l’appartement d’un de ses amis à Paris ait pu servir de garçonnière pour des rencontres tarifées. Ou évaluant, selon Me Leclerc, «le nombre de ces rencontres libertines à deux ou trois par an». Les soupçons de l’accusation portent plutôt sur «cinq à six parties fines annuelles» où auraient évolué une dizaine de prostituées dont cinq ont été identifiées par l’enquête.

L’ex-favori des sondages avait anticipé cette mise en examen, assure-t-on parmi son entourage: «Elle semblait assez inéluctable, dans la logique de juges qui mènent une croisade contre la prostitution.» DSK souhaite, dit-on, continuer son programme de conférences. Malgré l’agitation provoquée récemment par sa venue à Cambridge et malgré l’annulation d’une intervention mardi au Parlement européen pour cause de semaine judiciaire chargée. Un autre événement officiel devrait être bientôt annoncé.

lefigaro.fr

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