Total victime d’une fuite de gaz en mer du Nord

tat d’alerte chez Total. La fuite de gaz survenue dimanche à midi sur son champ gazier Elgin, à 240 kilomètres à l’est d’Aberdeen en Écosse prend de l’ampleur. Mardi après-midi, les autorités ont décidé d’interdire les vols à moins de 3 milles nautiques (5,5 km) de la plate-forme Elgin et la navigation à moins de 2 milles (3,7 km).

Selon les dernières informations communiquées par un porte-parole de Total à Aberdeen, le gaz n’a pas pris feu. Les 238 employés de la plate-forme ont été évacués par hélicoptère lundi, sans avoir pu stopper la fuite. Et pour cause, Elgin est surnommé «le puits de l’enfer» en raison de la pression et de la température «extrêmes», selon les termes du site Internet de Total, qui règnent dans ce réservoir de gaz, enfoui 5000 mètres sous le fond marin. Selon Total, la pression est de l’ordre de 1100 bars, l’équivalent d’une tonne concentrée sur la surface d’un ongle. Par comparaison, la pression dans le puits de Deepwater Horizon, dans le golfe du Mexique, théâtre de la pire marée noire des États-Unis, en 2010, était de 800 bars.

Deux bateaux-pompes sont en alerte à la limite des 2 milles, prêts à intervenir. Mardi après-midi, les experts de Total n’expliquaient toujours pas les raisons de la fuite. Parmi les opérations possibles est évoqué le forage d’un puits de secours qui permettrait de réduire la pression de la fuite dans le puits d’origine. Une intervention qui prendrait six mois, admet-on chez Total.

Selon le porte-parole de la compagnie française à Aberdeen, 20 tonnes de gaz auraient fui. Par ailleurs, du condensat – de l’huile – s’étalait mardi sur 4,8 km2. Un avion transportant du dispersant à bord se tenait prêt à décoller. La compagnie Shell a réduit son personnel sur ses plates-formes voisines de Shearwater et Noble Hans Deul.

Chute de l’action Total

À la Bourse de Paris, l’action du numéro un du CAC40 a perdu 8 % à 14h30. Chez Total, la marée noire de la plate-forme Deepwater Horizon de BP en 2010 est dans tous les esprits. La compagnie a ouvert un site Web dédié à l’incident.

Selon Frederic Hauge de l’ONG écologiste norvégienne Bellona qui surveille la production d’hydrocarbures en mer du Nord, cité par Reuters, «le personnel a vu la mer bouillonner. Je suis très préoccupé par la situation. Elle ne peut qu’empirer.». Dans un communiqué, Total a répondu «qu’à ce stade la fuite de gaz n’a pas d’impact significatif sur l’environnement».

La plate-forme Elgin produisait neuf millions de mètres cubes de gaz par jour, l’équivalent de 3 % de la production britannique de gaz naturel, ainsi que 60000 barils par jour de brut léger.

Fabrice Nodé-Langlois (Le Figaro)

Cette entrée a été publiée dans Actualités, Economie, International, avec comme mot(s)-clef(s) , . Vous pouvez la mettre en favoris avec ce permalien.

Réagir