Mali: convention nationale jeudi, poursuites contre ATT envisagées

BAMAKO – La junte militaire au pouvoir à Bamako a annoncé mardi qu’elle convoquait à partir de jeudi une convention nationale sur l’avenir du Mali et envisageait des poursuites judicaires notamment pour haute trahison contre le président Amadou Toumani Touré qu’elle a renversé le 22 mars.

Nous invitons l’ensemble de la classe politique et tous les acteurs de la société civile à se faire représenter, sans exception aucune, à une convention nationale qui débutera le 5 avril 2012, a déclaré à la presse le capitaine Amadou Sanogo, chef de la junte.

Il a précisé que cette convention avait pour but de décider de ce qui sera le bien de ce pays de façon consensuelle et démocratique en toute liberté.

Concernant le président renversé, il a dit que compte tenu des éléments dont nous disposons, M. Amadou Toumani Touré (dit ATT) pourrait être l’objet de poursuites judicaires pour haute trahison et malversation financière. Son dossier sera transmis aux autorités compétentes pour donner la suite appropriée.

Le président Touré avait déclaré le 28 mars à l’AFP qu’il se trouvait à cette date à Bamako et n’était pas prisonnier.

La junte militaire est soumise à un embargo diplomatique, économique et financier de ses voisins ouest-africains depuis lundi jusqu’au rétablissement de l’ordre constitutionnel et à une avancée fulgurante de rebelles touareg et de groupes islamistes armés qui contrôlent le nord du pays.

Le Mali n’est pas en mesure de supporter ces sanctions de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao) au moment où notre économie demeure fragile, et cette crise au Nord, qui, suite au laxisme et à la mauvaise gestion des affaires de l’Etat (par) une minorité fait souffrir aujourd’hui des Maliens dans leur chair et dans leur âme, a poursuivi le chef de la junte.

Selon lui, les militaires ayant renversé le 22 mars le régime du président ATT en l’accusant d’incompétence dans la gestion de la rébellion touareg dans le nord du pays ont agi pour une cause noble et salvatrice dans l’intérêt de la population.

Mais par la suite (…) avec les sanctions de la Cédéao, cette même population semble être punie par une structure qui devait au préalable promouvoir le bien du peuple malien, a estimé le capitaine Sanogo.

Notre action, au lieu d’être le premier jalon d’une indépendance démocratique tant souhaitée, devient une source de pression pour ce même peuple, a-t-il regretté, la voix par moment tremblante.

Nous tenons néanmoins à réitérer toute notre confiance à la Cédéao, et l’invitons à plus d’ouverture et de dialogue pour le bonheur du peuple malien, a plaidé le chef de la junte.

(©AFP / 03 avril 2012 21h49)

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