Romney presque assuré de la nomination républicaine

Il n’a pas encore les 1144 délégués nécessaires pour arracher la nomination et forcer Rick Santorum à abandonner la course. Mais le triplé gagnant remporté mardi soir par Mitt Romney dans le Wisconsin, le Maryland et le district de Columbia semble le mettre presque immanquablement en selle pour la nomination républicaine du mois d’août. «On ne voit plus très bien comment Rick Santorum pourrait l’arrêter», notait le commentateur vedette Wolf Blitzer de CNN, expliquant que pour revenir, le candidat ultraconservateur devrait engranger 80% des voix dans toutes les primaires à venir, un scénario plus qu’improbable.

Mitt Romney a remporté une très large victoire dans le Maryland, avec quelque 49% des voix contre 39% à Rick Santorum, 10% à Newt Gingrich, qui ne fait plus qu’une campagne symbolique, et 10% au libertarien Ron Paul, allié potentiel de Romney qui continue de profiter de sa tribune pour défendre ses idées. À DC, l’ancien gouverneur du Massachusetts fait aussi un très bon score, avec 70% des voix. La victoire a été plus serrée mais suffisante dans le Wisconsin, où il menait mardi soir avec 43% des votes contre 38% à Santorum. Résultat, sa pelote de délégués grossit, dépassant désormais la barre symbolique des 50% et condamnant de plus en plus sûrement ses adversaires à la marginalisation.

Ralliement tardif des Bush

Fort de ces bons chiffres, Mitt Romney se comporte de plus en plus comme l’adversaire désigné du président sortant, ignorant ses rivaux dans ses discours, et dénonçant encore et encore «la présidence en échec» d’Obama et la «reprise la plus tiède, la plus faible et la plus douloureuse de notre histoire économique». Barack Obama semble de son côté n’avoir aucun doute sur le nom de l’homme qu’il affrontera à l’automne, citant Romney quand il affirme que les républicains devront rendre des comptes pour le budget «radical» et selon lui inéquitable présenté par les conservateurs au Congrès.

Le sentiment d’inévitabilité de la candidature Romney, de plus en plus clair, s’est traduit récemment par le ralliement tardif de l’ex-président George Bush père, de son fils cadet Jeb Bush, de Sarah Palin, du président du Comité du budget de la Chambre Paul Ryan, et de l’étoile montante du parti républicain Marco Rubio, sénateur de Floride. Mais le manque d’enthousiasme manifesté à travers le parti pour un candidat jugé trop riche, trop centriste et sans grande consistance, fait peser de lourdes incertitudes sur ses chances de succès contre Obama en cas de nomination. Son entourage bataillerait toujours pour tenter de donner plus de corps et de conviction à la campagne Romney, selon un livre récent publié sur Internet. «Ils n’ont toujours pas été capables de résoudre la question centrale qui se pose à eux: en l’absence d’un candidat doté de la moindre poésie et de la moindre capacité à communiquer à un niveau émotionnel, comment créer un lien?» avec la population, résumait l’un de ses conseillers, cité par le journal Politico. «Ce type a la chaleur d’un patron de Wall Street!», insistait-il.

Santorum se projette déjà en 2016

Cette faiblesse intrinsèque explique sans doute partiellement le désir de Santorum de rester dans la course, malgré ses chances désormais minimales. Selon les experts, ce dernier a clairement expliqué qu’il allait mettre toutes ses forces dans la bataille de Pennsylvanie, état dont il a été sénateur de 1995 à 2006. Mais sa victoire est loin d’être garantie dans un État loin d’être acquis à la vision chrétienne ultra qu’il prône. Lors de sa défaite de 2006, Santorum avait d’ailleurs perdu son siège avec un écart de 18% sur le gagnant, un score particulièrement calamiteux. Mais le poulain des sociaux-conservateurs continue malgré tout de se dire «confiant» à l’approche d’un mois de mai qui devrait lui être plus favorable qu’avril, parlant de gagner «la seconde mi-temps après avoir perdu la première».

L’apparition à l’horizon des primaires d’États plutôt conservateurs comme l’Arkansas, le Kentucky, la Virginie-Occidentale, la Caroline du Nord et surtout le Texas, fin mai, a insisté mardi soir sa directrice de campagne, entretient une faible brise d’espoir. «Mais il lui faut encore arriver jusque-là et donc gagner la Pennsylvanie pour rester crédible», soulignait une journaliste dePolitico. Sentant le vent tourner en sa défaveur, Santorum aurait toutefois commencé de regarder vers une échéance bien plus lointaine, celle de 2016, affirment les observateurs. Le fait qu’il se soit comparé à Ronald Reagan en 1976, quand ce dernier avait perdu face au centriste républicain Gerald Ford, qui s’était ensuite fait battre par Carter, serait significatif.

«Il pense que Romney sera un nouveau Ford, qu’il perdra face à Obama, et que quatre ans plus tard, lui sera comme Reagan», notait Rachel Maddow. Barack Obama n’est pas d’accord: lors d’un discours de campagne particulièrement offensif, il estimait que vu la radicalisation des républicains, Reagan n’aurait jamais pu gagner la primaire conservatrice, s’il avait été en lice: trop modéré.

lefigaro.fr

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